Input your search keywords and press Enter.

JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ÉDUCATION : DÉCLARATION DE LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DU CAMEROUN

24 janvier 2026, sous le thème : « Le pouvoir de la jeunesse dans la cocréation de l’éducation.

La Commission accueille favorablement le thème retenu par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) pour la célébration de la Journée internationale de l’éducation 2026, à savoir Le pouvoir de la jeunesse dans la cocréation de l’éducation, un thème qui met en exergue le rôle central des jeunes, non seulement comme bénéficiaires, mais aussi comme acteurs et partenaires à part entière dans la conception, la mise en œuvre, la transformation et l’amélioration des systèmes éducatifs.

La Commission relève que le thème de la Journée internationale de l’éducation 2026 s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA), en particulier son Aspiration n° 1 visant Une Afrique prospère fondée sur un développement inclusif et durable, en ce que l’implication significative des jeunes dans la conception, la transformation et l’amélioration des systèmes éducatifs soutient les aspirations africaines à une main-d’œuvre instruite, créative et capable de répondre aux défis actuels et futurs sur le chemin du développement de l’Afrique.

La Commission salue la décision du Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, de placer résolument les jeunes et les femmes au cœur des priorités de son nouveau mandat, conformément à la vision qu’il a exprimée en ces termes : l’amélioration de la situation des femmes et des jeunes sera au centre de mes priorités, tel que je me m’y suis engagé [;] le Gouvernement, sous mon autorité, veillera à la mise en œuvre effective du Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, dont les lignes directrices ont été présentées lors de ma prestation de serment [;] d’ores et déjà, une provision de 50 milliards de Francs CFA a été constituée dans le budget de l’État pour l’exercice 2026, dédiée au financement des premières tranches des projets initiés par les jeunes.

La Commission salue les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à renforcer la participation des jeunes à l’amélioration des systèmes éducatifs, leur autonomisation et la modernisation des pratiques didactiques, ce dernier point étant illustré par la digitalisation des classes ; dans le cadre du Projet d’appui au développement de l’enseignement secondaire et des compétences pour la croissance et l’emploi (PADESCE), mis en œuvre par le ministère des Enseignements secondaires (MINESEC) avec l’appui de la Banque mondiale, 350 tableaux numériques interactifs (Magic Boards) ont été remis aux responsables d’établissements secondaires des 10 Régions du pays ; ces équipements, dotés de fonctionnalités avancées (couleurs multiples, photo et vidéo, travail collaboratif à distance, disque dur de 500 Go et caméra 4K), sont accompagnés de formations pour les chefs des cellules informatiques et les enseignants d’informatique, afin de garantir leur utilisation optimale et leur maintenance.

La Commission rappelle que les personnes les plus vulnérables, en particulier les apprenants les jeunes, subissent de manière disproportionnée les conséquences du trafic et de la consommation de drogues, principalement à travers les effets néfastes des substances psychoactives elles-mêmes, mais également du fait de la stigmatisation, de la discrimination et de réponses souvent répressives et peu efficaces au phénomène de la toxicomanie.

La Commission s’inquiète du fait que le secteur éducatif camerounais est confronté à de nombreux défis, tant structurels que conjoncturels à travers les 10 Régions du pays, notamment : le défaut, la vétusté et/ou le mauvais entretien des infrastructures qui doivent être adaptées et innovantes, y compris les salles de classes, les laboratoires et les aires de jeux, autant dans les grandes villes que dans les zones reculées ; le problème lancinant de la non-prise en compte rapide des avancements et de la mise à disposition tardive du paquet minimum ; les effectifs pléthoriques dans certaines écoles ainsi que l’insuffisance du matériel pédagogique, ce qui limite le recours aux méthodes d’apprentissage actives et participatives.

La Commission relève que sur les 220 recommandations acceptées par l’État lors de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) le 26 mars 2024, 13 sont en faveur de la promotion du Droit à l’éducation, parmi lesquelles quatre sont en consonance avec la thématique de l’édition 2026 de la Journée internationale de l’éducation ; elles sont reproduites dans la Déclaration de la CDHC de ce jour, après avoir été ventilées par l’Institution nationale des Droits de l’homme du pays aux structures pertinentes de l’État, aux institutions spécialisées ainsi qu’aux OSC, chacune en ce qui la concerne.

La Commission réitère ses recommandations formulées à l’occasion de la précédente Journée internationale de l’éducation, appelant en particulier : à familiariser les enseignants avec l’utilisation de l’ intelligence artificielle (IA), en impliquant les jeunes dans la cocréation des outils et des méthodes pédagogiques numériques, tout en leur indiquant les équipements et les applications nécessaires, afin d’améliorer l’efficacité des évaluations différenciées, d’alléger la charge de travail des enseignants et de lutter contre les usages frauduleux de l’IA.

La Commission recommande spécifiquement au ministère de l’Enseignement supérieur (MINESUP), au ministère des Enseignements secondaires (MINESEC), au ministère de l’Éducation de Base (MINEDUB), au ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP), au ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (MINJEC), au ministère de la Justice (MINJUSTICE) ainsi qu’à la Commission Nationale anti-corruption de renforcer davantage les mécanismes de prévention, de détection et de sanction de la corruption dans le secteur de l’éducation, en mettant en place des systèmes transparents de contrôle et d’alerte impliquant la participation active des jeunes, afin de garantir l’égalité d’accès, la qualité et l’effectivité du droit à l’éducation pour tous.

La Commission recommande spécifiquement : au MINESEC et au MINEDUB ;

  • d’intégrer systématiquement dans les curricula scolaires une éducation préventive sur les drogues, adaptée à l’âge des élèves, fondée sur les compétences de vie et les Droits humains ;
  • de former les enseignants et autres encadreurs scolaires à la détection précoce des conduites addictives et à l’orientation vers les structures compétentes.

La Commission exhorte le ministère de l’Enseignement supérieur (MINESUP), le ministère des Enseignements secondaires (MINESEC), le ministère de l’Éducation de Base (MINEDUB), le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP), les universités d’État, les centres de formation professionnelle et les acteurs du secteur privé de l’éducation à poursuivre la modernisation des curricula en travaillant de concert avec les jeunes, afin d’y intégrer davantage de compétences pratiques, techniques et numériques.

CHRC

CDHC

1523

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *