
L’école nationale des Eaux et forêts a abrité, le Mardi 29 Septembre 2026, le lancement de la campagne Cacao et café dans le département du Nyong et So’o. Un moment où producteurs et acheteurs ont échangé sur les difficultés qu’ils rencontrent et dont l’autorité administrative a appelé à la parfaite coopération.

L’obtention de la prime qualité tel est l’objectif que s’est donné Simon Etoa Amougou, délégué départemental du Commerce dans le Nyong et So’o au cours de la cérémonie de lancement de la campagne. Entre réglementation des acteurs et instabilité du coût du Cacao, le Nyong et So’o demeure un vivier important pour le Cameroun et les exportateurs qui devra s’arrimer aux nouvelles exigences et législations pour sécuriser sa production et sa qualité.

Pour obtenir un cacao de qualité et mieux le vendre, le respect des techniques post-récolte est non négociable. Du cabossage au séchage, avec un taux d’humidité final de 8%, et un appel à une relation apaisée entre producteurs et acheteurs.

« Le producteur et l’acheteur ne doivent pas être des ennemis. Ils doivent plutôt être des amis, de très bons amis », a insisté Etoa Amougou délégué départemental du Commerce, rappelant que l’un vit grâce à l’autre.
Nouvelles exigences de l’union européenne
L’exigence est claire : à partir de fin 2026, l’Union Européenne n’acceptera plus de cacao provenant de parcelles déforestées après le 31 décembre 2020.

« Après 2020, on ne doit plus casser la forêt. Il faut ré-identifier les anciennes plantations », a martelé le porte-parole des producteurs de Cacao dans le Nyong et So’o. L’objectif est de lutter contre la déforestation importée.
Seconde exigence majeure : la traçabilité totale. Chaque fève doit pouvoir être tracée jusqu’à son producteur et sa parcelle.
Cette traçabilité passe par la cartographie systématique des plantations, une opération pilotée au Cameroun par le Conseil Interprofessionnel Cacao et Café.
« On demande à chaque producteur de faire cartographier son champ. On veut connaître d’où sort la fève, à qui elle appartient, quelle est sa superficie et où elle est localisée », a expliqué Vienna Samba le porte-parole des producteurs.
Grâce à cette cartographie, les ventes groupées permettent de savoir avec précision l’origine du cacao. L’identification de chaque producteur doit être parfaite.
L’opération doit être effective d’ici fin novembre, date butoir pour permettre au cacao camerounais de continuer à accéder au marché européen.
Fiscalité agricole : ce que les producteurs de cacao doivent désormais payer
Les agriculteurs, et particulièrement les acteurs de la filière cacao, sont soumis à des obligations fiscales précises, souvent méconnues.
Première obligation : l’obligation déclarative du bilan annuel qui retrace l’ensemble des opérations sur une année.
Concernant le paiement de l’impôt, la réforme de la fiscalité locale a changé la donne. L’ancien impôt libératoire et la patente pour les petits contribuables ont été remplacés par l’Impôt Général Synthétique (IGS).
Sont concernés, tous les contribuables réalisant un chiffre d’affaires compris entre 0 et 50 millions de FCFA. Une fourchette dans laquelle se trouve la grande majorité des agriculteurs rencontrés sur le terrain. Au-delà de 50 millions, le contribuable bascule au régime du réel et est rattaché aux Centres des Grandes ou Moyennes Entreprises.
L’administration rappelle que les producteurs sont aussi redevables des impôts de droit commun : L’enregistrement du bail : pour ceux qui louent des entrepôts de stockage ou de séchage du cacao, le contrat de bail doit être enregistré et taxé.
La taxe sur la propriété foncière : Pour ceux qui sont propriétaires de leurs espaces, de fait ou de droit, le paiement de la taxe foncière est obligatoire.

Dans son allocution , la Commune de Mbalmayo a appelé à une meilleure organisation de la filière, à une transformation locale et à une juste rémunération des producteurs, pour que l’or brun profite véritablement à ceux qui le cultivent.
Un rappel à l’ordre pour professionnaliser et sécuriser la filière cacao pour préserver le label du cacao du Cameroun.
Luther SANA



