
Dans l’est de la République Démocratique du Congo, meurtri par des années de violence, la jeunesse de Beni a transformé la scène musicale en une puissante tribune pour la paix et la résilience lors du festival Tumaini.

Longtemps synonyme de conflit, la ville de Beni a vibré autrement ce week-end, portée par les rythmes et les mots d’une jeunesse déterminée à écrire un nouvel avenir. La quatrième édition du festival Tumaini, qui signifie « espoir » en swahili, a transformé l’espace public en un lieu de guérison et de résistance par l’art.
Dans une région traumatisée, ce festival est bien plus qu’un événement culturel. C’est un acte de mobilisation collective. « La jeunesse est traumatisée, cela doit cesser », témoigne un festivalier, résumant le sentiment d’une génération qui refuse d’être définie par la violence.
Sur scène, slameurs, musiciens et danseurs ont converti la douleur en créativité, dénonçant les atrocités et appelant à l’unité. L’artiste slameuse Sarah Kahamwithi interpelle : « Je dénonce le fait que quelque chose ne va pas ici, chez nous. » Sa voix, comme beaucoup d’autres, donne une résonance à ceux qui étaient condamnés au silence.
Placée sous le thème « Jeunesse, paix et sécurité », cette édition a aussi été l’occasion de sensibiliser le public au rôle crucial des jeunes dans la construction de la paix, comme le préconise l’ONU. « Le seul moyen de combattre le désespoir, c’est de consolider le peuple comme un seul homme », explique Benjamin Asimon, coordonnateur du festival.
Au-delà des concerts, des peintures et des sculptures ont traduit la même soif d’un futur apaisé. À Beni, Tumaini est plus qu’un message : c’est la preuve que, même dans les plaies, l’espoir reste une force qui rassemble et qui libère.
Gérald Nyatte




