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Editorial : le plus grand complice de ces bourreaux, c’est le silence

Par Gaby NWELL

La recrudescence des cas d’enlèvements et de viols sur mineurs au Cameroun exige une prise de conscience collective urgente. Face à ce drame, la société civile et les institutions, à l’instar du Barreau du Cameroun, se mobilisent pour accompagner les familles et exiger la fermeté de la justice.

Au Cameroun, notre avenir le plus précieux est en danger. La multiplication récente des cas d’enlèvements, de séquestrations et d’agressions sexuelles visant nos enfants et adolescents est une cicatrice béante sur la conscience de notre nation. De nos grandes métropoles comme Yaoundé et Douala jusqu’à nos zones rurales, la peur s’installe dans les foyers et transforme la simple enfance en un parcours semé d’embûches et de risques. Pouvons-nous encore accepter que nos enfants soient des cibles ? Nos enfants sont des êtres vulnérables, en pleine construction. Un viol ou un enlèvement ne détruit pas seulement une vie, il brise des familles entières, plongeant les parents dans une détresse psychologique indescriptible. Le traumatisme subi par ces mineurs est une injustice absolue qui interpelle chaque citoyen, chaque parent, chaque éducateur et chaque leader d’opinion. Le plus grand complice de ces bourreaux, c’est le silence. Trop souvent, la peur du scandale, la stigmatisation des victimes ou la honte poussent les familles à étouffer l’affaire. Ce silence nourrit l’impunité et permet à des prédateurs de sévir à nouveau. La protection de l’enfance est l’affaire de tous. Cela implique une vigilance accrue dans nos quartiers, dans les écoles et au sein même des cellules familiales, car la majorité des bourreaux sont malheureusement des proches ou des personnes de confiance. La société camerounaise doit impérativement changer de paradigme. Nous devons instaurer une culture de la tolérance zéro face à toute forme de violence faite aux enfants. La dénonciation systématique des agresseurs auprès des autorités compétentes et des organisations spécialisées, comme la cellule d’assistance juridique du Barreau du Cameroun, est un devoir citoyen. Enfin, notre système judiciaire doit continuer à envoyer un signal fort et dissuasif. La sévérité des peines prévues par le Code pénal camerounais doit être appliquée avec la plus grande rigueur. Les criminels qui s’en prennent aux innocents ne doivent bénéficier d’aucune complaisance. Pour protéger nos enfants, nous devons briser les tabous, éduquer nos jeunes sur leurs droits et leur corps, et rester unis. Ne laissons plus l’insécurité dicter notre quotidien. La défense de nos enfants est le combat de notre génération, une bataille pour l’honneur, la justice et l’avenir du Cameroun. Si vous êtes témoin ou victime de tels actes, des mécanismes d’aide existent.

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