
Le discours du Président de la Commission des Droits
de l’Homme du Cameroun (CDHC), Pr James Mouangue Kobila, déclamé le 19 mars 2026 au Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique.

« Monsieur le Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique ;
Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement ;
Mesdames, Messieurs les commissaires de la CDHC ;
Mesdames, Messieurs les hauts fonctionnaires du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique ;
Mesdames, Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers ;
Mesdames, Messieurs les responsables et membres des organisations de jeunesse ;
Mesdames, Messieurs les représentants des organisations de la société civile ;
Distingués invités, en vos fonctions, rangs, titres et grades respectifs ;

Mesdames et Messieurs,
J’avais hâte de me retrouver dans cette enceinte à l’occasion de la signature du Mémorandum d’entente (MoU) entre le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (MINJEC) et la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC), relatif à la promotion et à la protection des Droits des jeunes au Cameroun.

La question de la jeunesse, inscrite en lettres d’or parmi les grandes priorités du Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, revêt en effet une acuité particulière, tant au Cameroun qu’en Afrique et dans le monde.


Le Conseil de l’Europe vient ainsi d’organiser, les 12 et 13 mars 2023 à Strasbourg, la 2ᵉ Conférence de haut niveau du Forum des ombudsmans et des institutions nationales des Droits de l’homme, dont l’une des sessions portait sur « l’implication des jeunes ».

L’un des constats majeurs que j’y ai partagé — et qui a marqué les esprits — tient au vide persistant entre les Droits de l’enfant et les Droits de l’homme en général. Aucun instrument international ne traite spécifiquement des Droits des jeunes. Si l’Europe s’en préoccupe, alors même que les jeunes y représentent moins de 20 % de la population, l’urgence est d’autant plus manifeste dans un pays comme le Cameroun, où la tranche d’âge de 15 à 34 ans représente environ 35 % de la population.

Le Mémorandum d’entente que nous nous apprêtons à signer vient, à cet égard, combler partiellement cette lacune, en traduisant les principes des Droits de l’homme en actions concrètes en faveur des jeunes, dans le cadre d’une synergie institutionnelle renforcée entre deux structures de l’État.

Monsieur le Ministre,
Mesdames, Messieurs,
Ni la CDHC ni le MINJEC n’ont attendu la signature de ce Mémorandum pour agir en faveur de la jeunesse nationale.
Le MINJEC, par sa proximité avec les jeunes et son action de terrain, joue un rôle déterminant dans la promotion de la conscience civique, de l’intégration nationale et de l’autonomisation de la jeunesse.

Pour sa part, la CDHC, en sa qualité d’institution nationale indépendante chargée de la promotion et de la protection des Droits de l’homme, ainsi que de la prévention de la torture dans les lieux de privation de liberté, mène des actions de sensibilisation auprès des jeunes, traite des requêtes les concernant et effectue des visites régulières dans les lieux de détention, afin de s’assurer que les conditions de privation de liberté — qui concernent également de nombreux jeunes — ne constituent pas des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

De manière particulièrement significative, la CDHC a notamment :
désigné un point focal jeunesse ; le MoU qui sera signé nous conduira à en renforcer le dispositif ;
multiplié les campagnes et ateliers de sensibilisation en milieu scolaire et universitaire, en vue notamment de prévenir les violences physiques, psychologiques et sexuelles, ainsi que la consommation de stupéfiants ;
combattu les discriminations et les discours haineux, tout en promouvant des mécanismes internes d’alerte et de médiation ;
créé et animé 696 clubs Droits de l’homme dans les établissements scolaires et universitaires ;

régulièrement publié des déclarations à l’occasion des journées internationales pertinentes, notamment :
la Journée internationale de l’éducation (24 janvier) ;
la Journée mondiale des réfugiés (20 juin) ;
la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues (26 juin) ;
la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques (9 septembre) ;
participé à des initiatives internationales, notamment la conférence « Year of Impact and Eco-Citizenship » du 7 mars 2024, ainsi qu’à la 60ᵉ session du Conseil des Droits de l’homme, où une déclaration a été prononcée sur le rôle de la jeunesse dans la consolidation de la paix.

Le MINJEC, pour sa part, a associé la CDHC à plusieurs initiatives majeures, parmi lesquelles :
le lancement de la 40ᵉ Journée internationale de la paix (17 septembre 2021) ;
le Forum national de la jeunesse ;
la foire du Village de la Jeunesse (février 2024) ;
la 44ᵉ Journée internationale de la paix et la présentation du PAN-JPS (22 septembre 2025) ;
l’atelier national de formation des formateurs (avril 2025).
Je tiens également à saluer la décision, prise le 8 juillet 2025, de renforcer l’inclusion des jeunes malentendants, notamment par la prise en compte des langues des signes.

Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs,
La coopération entre la CDHC et le MINJEC est active et fructueuse. À titre illustratif, entre 2020 et 2025, les deux institutions ont échangé 101 correspondances.
Cependant, il nous faut aller plus loin. De nombreux droits des jeunes demeurent insuffisamment réalisés, notamment :
le droit à l’information ;
le droit à la participation ;
le droit de saisir les institutions ;

le droit à la protection contre les violences;
le droit à un environnement sain ;
les droits liés au travail ;
les droits numériques ;
le droit à l’égalité ;
le droit à une éducation de qualité ;
le droit à un recours effectif.
De manière générale, les jeunes disposent de droits, mais n’en ont ni la connaissance, ni les outils, ni les réflexes d’activation.
C’est précisément pour répondre à ces défis que le Mémorandum d’entente que nous signons aujourd’hui prend tout son sens.

En s’appuyant sur les services déconcentrés du MINJEC, les antennes de la CDHC, son numéro vert (1523), ainsi que les associations partenaires, cette collaboration permettra d’atteindre efficacement les jeunes sur l’ensemble du territoire national.

Notre ambition est claire : que chaque jeune au Cameroun connaisse ses Droits, exerce ses responsabilités et contribue pleinement à l’édification d’une société pacifique, inclusive et prospère.
Vive les Droits de l’homme,
Vive la coopération interinstitutionnelle,
Vive le Cameroun ! »
Source : celcom CDHC



