
Août 2025. La décision américaine d’instaurer des droits de douane réciproques de 15% a donné un coup de frein aux exportations camerounaises. Les produits phares visés : la pâte de cacao, le bois débité et le caoutchouc naturel.

Les chiffres sont parlants. Entre août et novembre 2025, les volumes exportés vers les USA ont même augmenté de 12,6%. Mais le revenu, lui, a dégringolé. Les recettes ont chuté de 16,6%, passant de 46 à 38,3 milliards de FCFA. Le pays expédie plus de marchandises, mais encaisse moins.

La pâte de cacao, pilier de ces échanges, illustre ce paradoxe. Les exportateurs, pour garder pied sur le marché américain, ont taillé dans leurs marges. Résultat : une baisse de 19,7% de la valeur, avec un prix au kilo en recul de plus de 10%.
Pour le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), le constat est clair : la valeur ajoutée des exportations s’érode et la compétitivité se fragilise face à ces nouvelles barrières tarifaires.

Face à ce choc, le CNCC esquisse des pistes de sortie. Première urgence : diversifier les clients. Les Pays-Bas, la Belgique ou la Chine pourraient absorber davantage de bois, la Belgique et la Malaisie du caoutchouc.
Autre horizon prometteur : le marché africain. La Zone de libre-échange continentale (Zlecaf) offre de nouveaux débouchés, notamment vers l’Afrique du Sud, le Kenya ou le Maroc.
Mais la solution à plus long terme reste dans la transformation sur place. Exporter du chocolat plutôt que de la pâte de cacao, des meubles plutôt que du bois brut. C’est le seul moyen de renforcer durablement la résilience de l’économie camerounaise face aux vents contraires du commerce international.
Gérald Nyatte



