
L’alerte a fait l’objet de la tenue de la première session ordinaire du Comité National pour la Prévention du Risque Aviaire et Animalier que le Ministre des Transports, Jean Ernest Masséna NGALLÈ BIBÉHÈ, a présidé, ce 10 septembre 2026, à Nsimalen.


La prévention du risque aviaire et animalier n’est pas une simple exigence réglementaire. Elle constitue un impératif stratégique de sécurité publique, directement lié à la protection des vies humaines, à la continuité des opérations aériennes, à la compétitivité des plateformes aéroportuaires ainsi qu’à l’image internationale du Cameroun.

C’est dans cette optique que le Ministre des Transports et Président du Comité National pour la Prévention du Risque Aviaire et Animalier (CNPRA), Jean Ernest Masséna NGALLÈ BIBÉHÈ, a présidé, ce 10 septembre 2026 à Nsimalen, la première session ordinaire 2026 dudit comité.

Dans son discours, le Président du CNPRA a d’abord présenté les statistiques de l’Autorité Aéronautique, pour la période du 1er janvier 2019 au 30 juin 2026.


« Au total, 656 événements de sécurité liés au péril animalier ont été enregistrés sur les aéroports du Cameroun.

Plus de la moitié de ces événements ont été observés à l’aéroport international de Douala, tandis que Yaoundé-Nsimalen représente plus du tiers des cas recensés.
Plus préoccupant encore, l’analyse pour le premier semestre 2026, du taux d’impacts rapporté au trafic aérien met en évidence une progression significative du risque sur certaines plateformes, notamment à Garoua, Yaoundé-Nsimalen et Douala », a fait savoir le Ministre NGALLÈ BIBÉHÈ.

Face à cette situation, Jean Ernest Masséna NGALLÈ BIBÉHÈ a rappelé que la maîtrise du péril animalier ne relève pas de la seule responsabilité des gestionnaires d’aéroports : « Notre responsabilité collective est aujourd’hui de redonner à cette instance toute sa capacité d’impulsion, de coordination et de suivi ».
Cartographie des espèces
Poursuivant son propos, le Président du comité a relevé que des études fauniques ont permis de cartographier des espèces les plus dangereuses, soit 80 à Douala, 94 à Yaoundé-Nsimalen et 138 à Garoua, non sans donner à comprendre qu’il faut poursuivre cette dynamique en étendant ces études aux autres aérodromes accueillant des vols commerciaux, notamment Maroua ainsi que les aérodromes secondaires.

« Cette démarche devra être complétée par des études écologiques permettant de mieux identifier les facteurs environnementaux favorisant la présence de la faune à risque, afin d’avoir une maitrise complète des facteurs qui contribuent à cette menace », a-t-il renchéri.

L’objectif commun est de réduire durablement le nombre d’impacts animaliers, de renforcer la sécurité des opérations aériennes et de préserver la confiance des usagers, des compagnies aériennes et des partenaires internationaux.
Une préoccupation majeure de la communauté de l’aviation
« Aussi surprenant que cela puisse être, les oiseaux dans la nature constituent un danger majeur pour les aéronefs. Et, ça c’est partout dans le monde. Les oiseaux sont libres, ils vont partout. Mais, s’il y a une collision avec les aéronefs, il y a un risque majeur.

Il peut y avoir dommage au niveau du moteur, qui peut s’arrêter et bien d’autres dommages structurels. Donc, la lutte contre le péril aviaire est vraiment une préoccupation majeure de la communauté de l’aviation. C’est une question transversale qui ne peut pas se limiter seulement aux gestionnaires des aéroports et à la communauté qui travaille sur les aéroports. Les oiseaux sont attirés par des décharges, des étendues d’eau. Donc, nous avons besoin de la collaboration avec d’autres acteurs. C’est pour cela que le Premier Ministre avait institué, en 2015, le Comité National pour la Prévention du Risque Aviaire et Animalier, parce que si les animaux arrivent sur la piste, où il y a des populations riveraines qui font l’élevage des chèvres, des bœufs, cela constitue aussi un danger. Donc, depuis 2019, il n’y a pas eu de réunion de ce comité. C’est donc là première réunion qui va permettre qu’on revoit ce qui a été fait depuis cette date. Beaucoup a été fait justement, mais la discussion nationale pourrait aider à améliorer les mesures qui ont été prises. Ce qui a déjà été fait, c’est notamment la réalisation par l’Autorité Aéronautique d’une étude faunique majeure sur les aéroports de Douala, de Yaoundé et de Garoua. Chaque année, des équipes observent des espèces d’animaux sur chacun des aéroports et on a maintenant une base scientifique solide, pour pouvoir lutter contre ces animaux. Il y a des techniques pour éloigner les oiseaux, par exemple des aéroports. Il y a des techniques d’effarouchement des bruits, mais on a besoin de connaître quelles sont les espèces qui fréquentent ces aéroports. Donc, l’un des points de cette réunion, c’est de présenter cette étude, de voir comment améliorer les moyens de cette lutte », dixit le Directeur Général de la Cameroon Civil Aviation Autority, Paule Avomo Assoumou épse Koki.
Bertrand TJANI



