
Un cri du cœur, porté par des voix longtemps restées trop discrètes. Des internationales camerounaises de handball ont décidé de sortir de leur réserve pour dénoncer avec force les violences qui frappent la société à savoir : féminicides, infanticides et autres formes de brutalité qui endeuillent silencieusement de nombreuses familles.
Dans une déclaration marquante, ces sportives engagées rappellent que leur statut ne les isole pas des réalités sociales. Bien au contraire, il leur confère une responsabilité supplémentaire : celle d’utiliser leur visibilité pour alerter, sensibiliser et provoquer un sursaut collectif. Leur message est sans détour — trop de vies sont brisées dans l’indifférence, et le silence ambiant contribue à perpétuer ces drames.
Elles pointent du doigt une banalisation inquiétante des violences, souvent reléguées au rang de faits divers, alors qu’elles traduisent des fractures profondes au sein de la société. Les féminicides, en particulier, suscitent une indignation croissante, mais peinent encore à entraîner des actions concrètes et durables. Quant aux infanticides, ils révèlent des situations de détresse extrême, mêlant précarité, isolement et manque de soutien social.
Face à cette réalité, les joueuses appellent à une mobilisation générale. Institutions, familles, leaders d’opinion et citoyens sont invités à jouer un rôle actif. Protéger les plus vulnérables femmes et enfants en tête ne doit plus être perçu comme une option, mais comme un impératif moral et collectif.
Leur engagement dépasse le cadre sportif. Il s’inscrit dans une dynamique plus large où les figures publiques prennent position pour défendre des causes sociales majeures. En brisant le silence, ces handballeuses espèrent ouvrir un espace de dialogue, encourager les victimes à parler et pousser les autorités à agir avec fermeté.
Leur appel, à la fois poignant et déterminé, résonne comme un rappel essentiel : une société qui protège ses membres les plus fragiles est une société qui avance.
Ernesthine BIKOLA



