
« On ne connaît jamais vraiment un homme à travers les rumeurs. On le connaît à travers les moments où personne ne le regarde.

Depuis quelques jours, je vois défiler des centaines de publications sur Oswald Baboke.
Je les lis
Je les observe.
Et je me suis demandé si je devais me taire.
Puis je me suis souvenu de la toute première fois où je l’ai rencontré. C’était chez lui.
J’accompagnais Grand Barack, que je produisais à l’époque. L’événement devait commencer, mais les installations prenaient du retard. Je me tenais simplement contre un mur, observant la scène.
Des jeunes déchargeaient des chaises dans la cour.
L’un d’eux interpelle un homme qui regardait la scène : « Grand, tu peux nous aider ? On est en retard. »
L’homme répond avec un sourire : « D’accord. »
Et le voilà qui commence à porter les chaises avec eux.
Quelques minutes plus tard, le responsable du jeune arrive, complètement affolé.
Il lui murmure : « Tu sais à qui tu viens de demander de porter les chaises ? C’est Oswald Baboke… c’est le propriétaire de la maison. »
Le jeune, embarrassé, court s’excuser.
Je n’oublierai jamais la réponse de M. Baboke :« Pourquoi tu t’excuses ? Je suis un être humain comme vous. Si je peux aider, je dois aider. »
Cette phrase m’a marqué.
Parce qu’elle n’était pas destinée aux caméras.
Elle n’était pas destinée à Facebook.
Elle n’était pas destinée aux journalistes.
Il n’y avait personne à impressionner.
Seulement des chaises à porter.
Et un homme qui les portait.
Quelques instants plus tard, pendant la prestation de Grand Barack, il s’est levé de la foule. Oui, de la foule. Car ceux qui le connaissent savent qu’il cherche rarement les premiers rangs
Il est venu vers moi.
Il m’a pris dans ses bras.
Puis il m’a soufflé quelques mots à l’oreille :
« J’aime beaucoup ce que tu fais. Je savais qu’on allait se rencontrer un jour. »
À partir de ce jour, une relation est née.
Une relation qui dure jusqu’à aujourd’hui.
Ce que je connais d’Oswald Baboke,
C’est un homme qui conseille.
Qui écoute.
Qui prend le temps.
Tous ceux qui possèdent son numéro savent qu’il est d’une disponibilité exceptionnelle, malgré les responsabilités immenses qui sont les siennes.
Je sais déjà ce que certains vont écrire en commentaire.
« Il parle parce qu’il a reçu de l’argent. »
Alors soyons transparents.
Oui.
Le jour où le vent a arraché la toiture de ma maison.
Il avait vu la vidéo. Sans que je ne lui demande rien, il m’a appelé et a décidé de m’aider à hauteur de deux millions de francs CFA.
Je l’ai déjà raconté publiquement.
Je ne l’ai jamais caché.
Et je peux même ajouter ceci :
Il est le seul ministre de cette République qui m’ait tendu la main de cette manière. Le seul.
Mais si aujourd’hui je prends ma plume, ce n’est pas parce qu’il m’a aidé.
C’est parce que je refuse de devenir un homme qui oublie le bien qu’on lui a fait dès que le vent tourne.
La gratitude est une valeur.
Et je refuse de la sacrifier sur l’autel de la popularité.
Je ne demande à personne de penser comme moi.
Je ne demande à personne de partager mon opinion.
Je demande simplement que nous restions un peuple capable d’attendre les faits avant de condamner un homme.
Les réseaux sociaux peuvent fabriquer un héros en une journée.
Ils peuvent aussi fabriquer un coupable en une journée.
Mais ni l’un ni l’autre ne remplacent la vérité.
Moi, je ne témoigne pas sur ce que je lis.
Je témoigne sur ce que j’ai vécu.
Et ce que j’ai vécu avec Oswald Baboke m’oblige aujourd’hui à prendre la parole.
Dans ce pays, beaucoup occupent de très hautes fonctions.
Très peu méritent que je prenne le temps d’écrire un texte aussi long pour eux. Très peu.
Oswald Baboke fait partie de ces rares exceptions.
Que certains soient d’accord ou non avec moi ne changera rien.
Quand toute une foule lance des pierres, il faut parfois une seule voix pour rappeler qu’avant d’être un nom, un titre ou une cible, il y a un être humain.
Aujourd’hui, cette voix, j’ai choisi qu’elle soit la mienne.
Bon courage cher grand frère, l’éternel sera toujours ton berger 🙏🏾🩵
Steve Fah »
Publié par Bertrand TJANI



