
Face à la douloureuse actualité des féminicides, certains internautes ont interpellé le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, demandant quelles actions concrètes étaient engagées au-delà de la sensibilisation.
La question est légitime. Et les réponses apportées méritent également d’être entendues.
Lors de son intervention sur la CRTV, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Pr Marie-Thérèse Abena Ondoa, a présenté plusieurs dispositifs déjà engagés : le 116, qui permet notamment de signaler des violences faites aux femmes et d’orienter les cas selon leur zone géographique ; une quarantaine de « Gender Desks » installés dans des commissariats et brigades de gendarmerie, avec des personnels formés à la prise en charge des victimes.
Mais, l’annonce la plus importante est probablement celle-ci : une proposition de loi visant à mieux adresser les violences faites aux femmes et aux filles a déjà été élaborée. Selon le Ministre, le processus est bien avancé et le texte se trouve actuellement au niveau de la hiérarchie.
Cela mérite d’être salué
Je voudrais donc reconnaître et apprécier publiquement le travail de la Ministre et des équipes du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. Reconnaître une avancée ne signifie pas considérer que tout est réglé. Il faut encore renforcer la prévention, améliorer la protection et la prise eMinistère de la Promotion de la Femme et de la Famille on non violente des conflits et, surtout, faire aboutir les réponses législatives et judiciaires nécessaires.
Mais notre responsabilité citoyenne consiste aussi à nous informer avant de condamner et à vérifier avant d’affirmer que rien n’est fait.
Le Général de Dieu Dieunedort Kamdem emploie une expression particulièrement imagée : « L’esprit de crabologie » — cette tendance à tirer vers le bas celui qui essaie de monter, plutôt que de reconnaître le mouvement et d’encourager l’amélioration.
Une nation ne progresse pas seulement parce que ses institutions font mieux. Elle progresse aussi lorsque ses citoyens savent exiger davantage sans mépriser les progrès déjà accomplis.
Alors oui, continuons d’interpeller le MINPROFF. Continuons de demander des résultats, des mécanismes accessibles sur tout le territoire et l’aboutissement rapide du processus législatif. Mais lorsque des avancées existent, sachons aussi les reconnaître, les encourager et pousser plus loin ceux qui les portent.
Car sur une question aussi grave que les féminicides, l’enjeu n’est pas de gagner une polémique. L’enjeu est de sauver des vies.
— Le Souffle du Potier



