
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, et le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, ont tenu, ce 18 juin 2026, une communication gouvernementale conjointe à l’Auditorium du ministère de la Communication à Yaoundé, consacrée à la création de la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL). Cette rencontre visait à éclairer l’opinion publique sur les raisons, les implications et les objectifs de cette réforme majeure du secteur électrique national, initiée par le président Paul Biya.

Dans son allocution introductive, René Emmanuel Sadi a rappelé que l’État camerounais avait, en novembre 2025, achevé la nationalisation d’ENEO en rachetant les 51 % de parts détenues par le fonds d’investissement britannique Actis, portant ainsi sa participation à 95 % du capital. Il a précisé que cette communication faisait suite à la création de la SOCADEL par décret du chef de l’État le 4 mai 2026, société désormais chargée de la production, du transport, de la distribution, de l’importation et de l’exportation de l’énergie électrique au Cameroun.
Dans la foulée de la création de la SOCADEL, le ministre de l’Eau et de l’Énergie avait convoqué, dès le 5 mai 2026 à Yaoundé, la première session du Conseil d’administration de la nouvelle structure, marquant le démarrage effectif de ses activités. La passation de service entre l’équipe sortante d’ENEO et les nouveaux dirigeants de la SOCADEL s’était ensuite tenue le 8 mai 2026 à Douala, en présence de Gaston Eloundou Essomba. À cette occasion, le ministre avait dressé un tableau sans concession du secteur, évoquant un déséquilibre financier structurel et exigeant des résultats visibles dans les cent premiers jours.

Le secteur connaît par ailleurs de nouvelles turbulences depuis début juin 2026, après que les sociétés Kribi Power Development Company (KPDC) et Dibamba Power Development Company (DPDC), filiales du groupe Globeleq, ont retiré leurs capacités de production du Réseau interconnecté Sud à la suite du blocage de leurs comptes bancaires par l’administration fiscale. Ces deux centrales représentent ensemble 304 MW de capacité installée. Par ailleurs, une commission mixte doit être mise en place pour statuer sur l’avenir des 5 % du capital encore détenus par le personnel de l’ex-ENEO.
Pour le ministre Eloundou Essomba, « avec la création de la SOCADEL, le Cameroun ouvre une nouvelle phase de son développement énergétique ». Cette communication gouvernementale conjointe intervient dans un contexte de fortes attentes des populations, longtemps confrontées aux délestages à répétition et à la dégradation du service électrique sous la gestion privée. Le gouvernement entend faire de la SOCADEL l’instrument d’une souveraineté énergétique durable au service de l’intérêt général.
Victoire Nkana



