
Nommé par décret présidentiel n° 2026/334 du 16 octobre 2026, Rémy Nama prend la tête du Conseil constitutionnel camerounais, après le décès de Clément Atangana, survenu le 4 octobre dernier à Paris. Magistrat hors hiérarchie et ancien responsable au Secrétariat général de la Présidence de la République, il hérite d’une institution stratégique, notamment en matière de contrôle de constitutionnalité et de contentieux électoral.
Le Conseil constitutionnel du Cameroun a un nouveau président. Le chef de l’État, Paul Biya, a nommé Rémy Nama à la tête de cette haute institution de la République par décret signé le vendredi 16 octobre 2026 à Yaoundé. Cette décision met fin à la période de vacance ouverte après la disparition de Clément Atangana, premier président de l’institution depuis sa mise en place effective en 2018.
Décédé le 4 octobre 2026 à Paris, à l’âge de 85 ans, Clément Atangana aura dirigé le Conseil constitutionnel pendant plus de huit ans. Sa disparition a ouvert une phase de transition institutionnelle, durant laquelle l’intérim a été assuré par le professeur Paul Nchoji Nkwi, doyen d’âge des membres du Conseil.
Le 7 octobre, les membres de l’institution s’étaient réunis au Palais des Congrès de Yaoundé afin de constater officiellement la vacance du poste de président. Cette formalité a ouvert la voie à la désignation de son successeur par le président de la République.
Avec la signature du décret n° 2026/334, la succession est désormais officiellement actée. Rémy Nama devient ainsi le deuxième président de l’histoire du Conseil constitutionnel camerounais.
Rémy Nama, un magistrat issu de l’administration présidentielle
Le nouveau président n’est pas un inconnu dans les milieux judiciaires et administratifs du Cameroun. Magistrat hors hiérarchie, Rémy Nama a notamment exercé des responsabilités au sein du Secrétariat général de la Présidence de la République.
D’après des informations publiées par la presse nationale, il occupait des fonctions de chargé de mission au sein de la division des affaires judiciaires et avait également assuré l’intérim à la tête de cette division à partir de 2018. Son parcours comprend aussi des responsabilités de représentation de la Présidence dans des instances de gouvernance d’organismes publics.
Cette expérience au sein de l’administration présidentielle constitue l’un des principaux éléments connus de son parcours professionnel. Toutefois, les informations publiques disponibles ne permettent pas de retracer de manière exhaustive sa formation universitaire et l’ensemble de ses affectations dans la magistrature.
La présidence du Conseil constitutionnel confère à son titulaire des responsabilités majeures dans l’architecture institutionnelle du Cameroun. L’institution statue notamment sur la constitutionnalité des lois, régule le fonctionnement des institutions dans les conditions prévues par les textes et veille à la régularité de certaines consultations électorales.
Elle connaît également du contentieux des élections présidentielles et législatives ainsi que des référendums relevant de sa compétence. Elle proclame les résultats des scrutins pour lesquels cette prérogative lui est reconnue.
Ces attributions placent le Conseil constitutionnel au centre des mécanismes de contrôle juridique et de régulation électorale du pays.
Sous la présidence de Clément Atangana, l’institution a notamment été appelée à examiner les recours liés aux élections présidentielles de 2018 et de 2025. Les décisions rendues à ces occasions ont suscité des débats au sein de la classe politique et de l’opinion publique, en particulier autour du traitement des contestations électorales.
La nomination de Rémy Nama intervient ainsi dans un environnement où les décisions du Conseil constitutionnel demeurent particulièrement suivies par les acteurs politiques, les professionnels du droit et les organisations de la société civile.
Les prochaines échéances électorales en ligne de mire
Au-delà de la succession à la tête de l’institution, les défis du nouveau président s’inscrivent dans un calendrier politique marqué par les prochaines élections législatives et municipales attendues en 2027, sous réserve du calendrier officiel.
Dans cette perspective, le Conseil constitutionnel sera appelé à exercer les compétences que lui confèrent la Constitution et les textes en vigueur, notamment en matière de contentieux électoral.
Le fonctionnement de l’institution, le respect des procédures légales et le traitement des recours seront autant de sujets d’attention. La capacité du Conseil à assurer la continuité de ses missions constituera également un enjeu important au cours de cette nouvelle étape.
La nomination d’un nouveau président ne modifie pas, à elle seule, les attributions constitutionnelles de l’institution. Elle marque toutefois un changement à sa tête, dans un contexte où ses décisions peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie politique et institutionnelle du pays.
Après Clément Atangana, quel héritage institutionnel ?
La disparition de Clément Atangana marque la fin d’une période de plus de huit ans à la tête du Conseil constitutionnel. Magistrat de carrière, il avait dirigé cette institution depuis sa mise en place effective en 2018, contribuant à façonner son fonctionnement au cours de plusieurs séquences électorales majeures.
Son successeur hérite donc d’une institution dont les décisions occupent une place importante dans le débat public, particulièrement lorsqu’elles portent sur les contestations électorales ou la conformité des lois à la Constitution.
Pour Rémy Nama, le défi sera d’assumer les responsabilités liées à cette fonction dans le respect du cadre constitutionnel et légal. Au-delà de sa personnalité et de son parcours, l’attention portera sur l’exercice concret de ses prérogatives, notamment en matière de contrôle de constitutionnalité et de régularité des consultations électorales.
La nomination du 16 octobre 2026 ouvre ainsi une nouvelle page au Conseil constitutionnel camerounais. À l’approche des prochaines échéances politiques, le fonctionnement de cette haute institution et l’exercice de ses missions continueront de retenir l’attention de l’opinion publique.
La Rédaction



