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Cameroun : Cinquante et un jours d’absence de Paul Biya, le débat sur la vacance du pouvoir s’intensifie

Le président camerounais Paul Biya est absent du Cameroun depuis le 7 juin 2026. Cinquante et un jours après son départ pour un « court séjour privé en Europe », le chef de l’État n’a donné aucune date de retour.

Depuis son départ, seuls quelques décrets militaires ont été signés. Cette absence prolongée alimente un vif débat politique sur la vacance du pouvoir et la continuité de l’État.

Le 7 juin 2026, le président camerounais Paul Biya quittait Yaoundé en compagnie de son épouse Chantal pour ce que la présidence avait qualifié de « court séjour privé en Europe ». Cinquante et un jours après, le chef de l’État âgé de 93 ans n’est toujours pas revenu au Cameroun. Aucune image, aucune apparition publique, aucune communication officielle sur un calendrier de retour. Selon le média Jeune Afrique, Paul Biya se trouverait en Suisse, à Genève.
Depuis le départ du président, l’activité de la Présidence de la République s’est considérablement réduite. Seuls quelques décrets liés aux Forces de défense ont été signés. Aucune signature n’a été apposée sur les dossiers économiques ou sociaux. Cette gestion dématérialisée de l’État a amené le gouvernement à affirmer que Paul Biya continue de suivre les dossiers et de prendre les décisions à distance. Cependant, l’absence totale de communication publique du chef de l’État nourrit le doute.
L’opposition a rapidement saisi cette opportunité politique. Plusieurs figures critiques et le député Jean-Michel Nintcheu ont officiellement demandé au Conseil constitutionnel de constater la vacance du pouvoir présidentiel. Certains juristes appuient cette position, estimant que cinquante et un jours d’absence sans communication publique pose question sur la capacité du chef de l’État à exercer ses fonctions. L’Union Démocratique du Cameroun a appelé à une transparence institutionnelle, affirmant que « la stabilité d’une République ne peut reposer sur le silence ».
Le débat soulève une question constitutionnelle majeure. Le Parlement camerounais a approuvé le 4 avril 2026 le rétablissement d’un poste de vice-président, par 200 voix contre 18. Cette réforme constitutive intervient précisément dans un contexte où les absences prolongées du chef de l’État deviennent chroniques. Cependant, ce vice-président n’a jamais été nommé. Paul Biya dirige le Cameroun depuis novembre 1982. Son absence prolongée de 2024 avait déjà duré cinquante jours avant son retour le 21 octobre. La situation actuelle égale ce précédent.

Les rumeurs alimentent le débat. Selon certaines sources, Paul Biya aurait été soigné dans une clinique privée de Genève suite à un malaise survenu lors de la fête nationale du 20 mai. Ces informations, non confirmées officiellement, accélèrent les spéculations sur les réseaux sociaux, où les faux décrets circulent et où la communauté politique attendez des explications. Le silence officiel de la Présidence ne fait qu’amplifier les inquiétudes. Pendant ce temps, le pays gouverné « en pilote automatique », selon l’expression de l’opposition, attend le retour ou une clarification du statut du chef de l’État.

Victoire Nkana

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