
Le Ministre des Finances, Louis Paul MOTAZE a présenté ce 19 novembre 2025, le projet de loi adopté par l’Assemblée Nationale. Le gouvernement a révisé le budget de l’État pour s’adapter à la baisse des recettes pétrolières et aux besoins croissants de financement.

Le budget de l’État pour 2025 passe de 7 317,7 milliards à 7 735,9 milliards de FCFA, soit 418,2 milliards de plus selon le projet de loi adopté ce 18 novembre 2025 à l’Assemblée Nationale portant ratification de l’ordonnance du 11 juillet 2025, modifiant et complétant certaines disposition de la loi du 23 décembre 2024 portant Loi de Finances 2025.
Cette augmentation sert à financer des projets prioritaires, régler les dettes et soutenir certains secteurs essentiels. Les Comptes d’Affectation Spéciale (CAS) restent inchangés à 66,9 milliards, destinés notamment aux régions touchées par les crises.
Les recettes que l’État pensait collecter sont finalement en baisse de 113,3 milliards de FCFA. La principale raison est la chute des recettes pétrolières, qui passent de 734,8 milliards à 641,5 milliards. Cette baisse est due à la baisse du prix du pétrole estimé à 66,94 dollars le baril ; à la production de pétrole qui est moins élevée ; au dollar qui coûte plus cher (609 FCFA), ce qui influence certaines recettes et la production de gaz qui connait aussi une baisse. Les autres recettes fiscales (impôts, taxes et douanes) en légère baissent.

Cependant, l’État dépense davantage pour les services publics et les investissements. Les dépenses totales (hors remboursement de la dette) augmentent de 82,8 milliards pour atteindre 5 646,14 milliards de FCFA. Selon les prévisions, les dépenses de personnel baissent de 20 milliards, grâce à des économies sur les rappels de salaires. Les Biens et services connaissent une hausse de 50 milliards, pour payer certaines dettes, financer des projets de santé ou couvrir des besoins urgents. Plus 11 milliards pour les Transferts et subventions, notamment pour soutenir le secteur de l’électricité et continuer certains appuis sociaux. Les Investissements financés par l’État augmentent de 54 milliards en vue du rachat des actions de la SODECOTON et la réhabilitation des voiries urbaines. Les Investissements financés par les bailleurs quant eux baissent de 65 milliards.
Le déficit augmente, entraînant des besoins de financement plus importants. Le déficit budgétaire passe à 303,9 milliards de FCFA, contre 107,8 milliards dans la loi initiale. Pour combler cet écart, l’État doit trouver plus d’argent que prévu. Les besoins de financement atteignent désormais 2 326,5 milliards, soit 531,5 milliards de plus.

Les membres de la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée Nationale se sont réunis le 12 novembre 2025, dans la Salle des Commissions du Palais de Verre Paul Biya, afin d’examiner trois importants projets de loi à savoir : projet de loi N°2085/PJL/AN, portant loi de règlement de la République du Cameroun pour l’exercice 2024 ; du projet de loi N°2086/PJL/AN, portant ratification de l’ordonnance N°2025/001 du 11 juillet 2025, modifiant et complétant certaines dispositions de la loi N°2024/013 du 23 décembre 2024 portant loi de finances pour l’exercice 2025 ; ainsi que du projet de loi N°2087/PJL/AN, portant ratification de l’ordonnance N°2025/002 du 18 juillet 2025, fixant des incitations à l’investissement en République du Cameroun.
Les trois textes examinés, visaient principalement à ratifier l’ordonnance N°2025/001 du 11 juillet 2025, afin d’assurer la conformité du cadre budgétaire national, de garantir la transparence des comptes publics et de renforcer l’attractivité économique du Cameroun
Luther SANA



