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Cameroun : 64 ans après, les femmes africaines exigent l’assainissement et la paix

Le Cameroun commémorera, le 31 juillet 2026, la 64e édition de la Journée de la Femme Africaine. L’annonce a été faite par la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Madame Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse. Cette année, la célébration portera sur un thème engagé : « Action des femmes pour un assainissement sûr, des communautés en paix et de meilleures conditions de vie ».

Cette journée du 31 juillet, célébrée chaque année sur tout le continent africain, marque un tournant historique. Elle commémore le courage des femmes africaines qui, à partir de 1960, ont pris les armes aux côtés de leurs frères pour libérer le continent du joug colonial. Ce qui a commencé comme un cri de rébellion s’est transformé en symbole perdurable de la résilience féminine.

Mais cette 64e édition ne se contente pas de célébrer le passé. En plaçant l’assainissement sûr au cœur de sa thématique, le Cameroun reconnaît une réalité souvent occultée : que des millions de femmes et de filles africaines manquent d’accès à des installations sanitaires décentes. Une carence qui affecte leur dignité, leur santé, leur scolarité, et ultimement leur capacité à contribuer au développement de leurs communautés.

Le thème retenu cette année révèle aussi une compréhension nuancée des enjeux féminins. L’assainissement sûr n’est pas qu’une question technique ou d’infrastructure. C’est un enjeu de sécurité pour les femmes. C’est un facteur déterminant de la paix dans les communautés. C’est un préalable à de meilleures conditions de vie.

Car la connexion est limpide : sans assainissement sûr, les femmes et les filles sont exposées aux violences et aux abus. Sans assainissement, elles ne peuvent pas étudier dignement, car l’absence de toilettes à l’école pousse des milliers de filles à abandonner leur scolarité chaque année. Sans assainissement, les communautés deviennent des foyers de tensions, où la précarité sanitaire nourrit la désespérance et les conflits.

Le Cameroun, en adoptant ce thème, reconnaît également les réalités régionales. Des zones rurales de l’Adamaoua aux bidonvilles de Douala et Yaoundé, des millions de Camerounaises font face à des conditions sanitaires désastreuses. Cette journée devient alors un appel à l’action, non pas une simple commémoration, mais un cri d’alarme et une mobilisation.

La Ministre Abena Ondoa, en annonçant cette édition, place le gouvernement camerounais dans une posture d’engagement. Célébrer la Journée de la Femme Africaine n’est plus seulement honorer le passé des femmes combattantes ; c’est s’engager à transformer le présent et à bâtir un avenir où chaque femme camerounaise aura accès à l’assainissement sûr, vivra dans une communauté pacifique, et jouira de conditions de vie dignes.

Cette thématique porte aussi une implicite critique du statu quo. Tant que les femmes manquent d’installations sanitaires convenables, tant que la paix dans les communautés demeure fragile, tant que les conditions de vie restent précaires, la liberté promise par les pères de l’indépendance demeure inachevée. Le thème de 2026 est donc une invitation à poursuivre le combat que les femmes africaines ont commencé en 1960.

La célébration du 31 juillet sera l’occasion pour le Cameroun de faire le bilan, de reconnaître les progrès réalisés, mais surtout de redoubler d’efforts. Des initiatives locales aux politiques nationales, des associations féminines aux institutions gouvernementales, tous les acteurs sont appelés à se mobiliser autour de cette vision : des femmes africaines agissantes, des communautés saines, et une paix durable fondée sur la dignité et le respect.

Victoire Nkana

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