Le campus du Groupe universitaire IPAD–CIFADDEG–ESMAP à Soa a vibré, le 05 mars 2026, au rythme de la première édition des « Cafés diplomatiques » de l’année. Entre enjeux cliniques et stratégies de puissance sur la scène internationale, cette rencontre a dressé un pont inédit entre la science médicale et la diplomatie multilatérale.

Sous l’impulsion du Pr Akono Atangane Eustache, Recteur du Groupe IPAD–CIFADDEG–ESMAP, cette rentrée scientifique a réuni des experts de haut vol et des étudiants issus de 18 nationalités. Le thème, ambitieux, croisait deux mondes souvent cloisonnés : « Santé mentale, épidémiologie et diplomatie multilatérale africaine au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie».
L’événement marquait également le coup d’envoi des célébrations de la Journée internationale de la Francophonie et de la Journée internationale des droits de la femme, plaçant l’humain et ses droits fondamentaux au centre des échanges.
La seconde partie de la conférence a mis en lumière une urgence sanitaire trop souvent passée sous silence. Pour le Dr Atche Malan Alain Delaroche, spécialiste ivoirien en neurosciences, le premier obstacle est culturel. « Il est important de parler de la santé mentale en Afrique car, dans nos coutumes, elle est souvent associée à la sorcellerie et donc négligée. Selon les statistiques, près de 15 % de la population africaine est affectée », a-t-il martelé.
L’expert a particulièrement alerté sur la situation des étudiants, cibles de pressions académiques et financières intenses. À ses côtés, le Dr Gbadamassi Aboudou-Razaki (Tchad) a détaillé les défis de la collecte de données en Afrique centrale, plaidant pour des politiques publiques qui ne se contentent plus de soigner, mais de prévenir.
En ouverture, le volet diplomatique a permis de décrypter les relations complexes entre l’OIF et les institutions continentales. Dr Nguekam Joël, Ministre plénipotentiaire et Directeur de la Francophonie au MINREX, a souligné le rôle de catalyseur de l’organisation francophone.
Les réactions dans l’amphithéâtre ne se sont pas fait attendre. Pour Noeldy Grâce Ibara, étudiante congolaise, cette immersion dans les rouages de l’OIF est essentielle pour sa future carrière. De son côté, l’Ivoirien Djilebou Serge Thierry voit dans ces échanges un moyen de « promouvoir le savoir africain » pour ne plus être marginalisé.
En clôturant cette édition, le CIFADDEG réaffirme sa mission : former une élite intellectuelle capable de concilier les impératifs de santé publique et les subtilités de la diplomatie pour porter haut la voix de l’Afrique.
Ernesthine BIKOLA




