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Cameroun : le suicide, un tabou sanitaire à briser

Le 10 septembre 2026 marque la Journée Mondiale de la Prévention du Suicide, une mobilisation mondiale contre un fléau de santé publique qui tue environ 700 000 personnes chaque année. Le thème invite à changer le discours sur le suicide, briser le silence et créer une culture d’écoute, de compréhension et de soutien envers les personnes en détresse.

Chaque dix secondes, quelque part dans le monde, une vie s’éteint. Le suicide constitue un problème de santé publique majeur que les autorités sanitaires internationales considèrent comme largement sous-estimé. La Journée Mondiale de la Prévention du Suicide, célébrée chaque 10 septembre depuis 2003, se veut un moment de mobilisation internationale pour sensibiliser le public à ce fléau silencieux et promouvoir les actions de prévention possibles.
Les chiffres mondiaux sont terrifiants. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’environ 700 000 personnes meurent par suicide chaque année, ce qui équivaut à une personne toutes les 40 secondes. À ces décès s’ajoutent des millions de tentatives, estimées à une toutes les trois secondes. En cumul annuel, ces vies perdues surpassent le nombre total de morts causées par les guerres et les catastrophes naturelles réunies. Si on inclut les proches endeuillés, le nombre de personnes touchées atteint environ 10 millions annuellement.

Parmi les populations vulnérables, les jeunes âgés de quinze à vingt-neuf ans occupent une position particulièrement préoccupante. Le suicide demeure la quatrième cause de mortalité dans cette tranche d’âge à l’échelle mondiale. Cette tragédie juvénile souligne l’urgence de mettre en place des interventions précoces et des services d’accompagnement psychologique.

Géographiquement, environ 77 pour cent des suicides surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’accès aux services de santé mentale demeure fortement limité.
Pour 2026, le thème « Changer le discours sur le suicide » reflète une conviction fondamentale : le silence qui entoure le suicide aggrave la souffrance et empêche la prévention. Changer le discours signifie transformer la manière dont la société perçoit, parle de et agit face au suicide. Cela implique d’abandonner le stigmate social, les jugements moralisateurs, et les tabous religieux qui isolent les personnes en détresse.

Le Cameroun, comme la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne, fait face à des défis majeurs en matière de santé mentale et de prévention du suicide. L’insuffisance de ressources psychiatriques, la pénurie de professionnels formés en psychologie, et la persistance de représentations culturelles et religieuses qui stigmatisent la maladie mentale constituent des obstacles importants. Pour cette Journée Mondiale du 10 septembre 2026, les organisations sanitaires camerounaises et les associations de la société civile sont appelées à organiser des activités de sensibilisation et à briser le silence autour du suicide. Le message doit être clair : chaque vie compte, l’espoir demeure possible, et aucune personne ne devrait souffrir seule.

Victoire Nkana

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