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Cameroun : Piccini remporte l’arbitrage et gagne 250 milliards de francs

Au terme d’une procédure d’arbitrage devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, le groupe italien Gruppo Officine Piccini a obtenu gain de cause contre l’État du Cameroun. L’indemnisation accordée au titre des préjudices subis lors de la rupture du contrat de construction du complexe sportif d’Olembé avoisinerait 250 milliards de francs CFA.

Le différend commercial entre le Cameroun et le groupe italien Gruppo Officine Piccini connaît un rebondissement décisif. Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, institution spécialisée dans les arbitrages entre États et investisseurs étrangers, a rendu une sentence favorable au groupe italien après plusieurs années de procédure. Cette décision intervient le 7 septembre 2026 et vient ajouter un chapitre coûteux à l’histoire tourmentée du complexe sportif d’Olembé.

À l’origine de ce litige figure la rupture du contrat conclu entre Piccini et l’État du Cameroun en novembre 2019. Le groupe italien avait été chargé de la construction du complexe sportif d’Olembé, incluant un stade de soixante mille places destiné à accueillir les compétitions sportives internationales majeures. Avant que le chantier ne soit achevé, le contrat a été résilié de manière unilatérale, laissant Piccini dans une position contractuelle et financière compromettante.
Piccini a contesté cette résiliation et décidé de contester la décision du Cameroun sur le terrain du droit international des investissements. Le groupe italien a invoqué notamment le traité bilatéral d’investissement signé entre le Cameroun et l’Italie en 1999, instrument juridique censé protéger les droits des investisseurs étrangers. En juin 2023, le différend a été formellement enregistré auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements sous la référence ARB/23/21, initiant une procédure arbitrale officielle.

Entre-temps, le gouvernement camerounais avait confié la poursuite des travaux d’Olembé à l’entreprise canadienne Magil Construction. Ce changement de maître d’ouvrage s’inscrivait dans un contexte marqué par les retards croissants et les difficultés croissantes dans la livraison du complexe sportif. Les problèmes contractuels et financiers associés au projet se sont accumulés, transformant Olembé en emblème des difficultés administratives et financières du pays dans la gestion des grands projets d’infrastructure.

Le tribunal arbitral a été constitué en décembre 2023 et a tenu une audience consacrée à la compétence et au fond du différend en mai 2025. Après examen approfondi des prétentions des deux parties, le tribunal a déclaré la procédure close le 30 juin 2026, date à laquelle il a rendu sa sentence en faveur de Piccini. L’indemnisation accordée au groupe italien, qui avoisinerait 250 milliards de francs CFA, représente une charge financière supplémentaire importante pour le budget de l’État camerounais.
Cette nouvelle condamnation financière s’inscrit dans une trajectoire plus large de batailles contractuelles et financières qui ont marqué l’histoire du complexe d’Olembé depuis son lancement. Le projet, initialement conçu pour accueillir les grandes compétitions sportives internationales et renforcer les capacités d’infrastructure du Cameroun, est devenu un exemple des tensions qui peuvent émerger entre États et investisseurs étrangers lorsque les contrats sont modifiés ou résiliés unilatéralement. Cette affaire illustre les conséquences financières et diplomatiques potentielles de la rupture unilatérale de contrats d’investissement majeurs avec des partenaires étrangers, particulièrement lorsque les traités bilatéraux d’investissement protègent les droits des investisseurs.

Victoire Nkana

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