Depuis le 25 août 2026, se tient la deuxième Conférence régionale du Bassin du Congo dans capitale politique du pays. Cette rencontre de haut niveau met l’accent sur les enjeux économiques liés à la souveraineté alimentaire, à la conservation de la biodiversité et au renforcement de la résilience climatique dans la région.
Yaoundé est devenue, depuis le 25 août, le point de convergence de plusieurs acteurs engagés dans la transformation durable des systèmes alimentaires et agricoles du Bassin du Congo. Organisée sous le haut patronage du Premier ministre, chef du gouvernement, la deuxième Conférence régionale du Bassin du Congo réunit plus de 120 délégués venus de douze pays africains.
Les travaux ont été officiellement ouverts au Franco Hôtel de Yaoundé par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe. La rencontre rassemble notamment des représentants d’institutions financières, des décideurs publics, des organisations paysannes ainsi que des acteurs du secteur privé.
Cette deuxième édition entend dépasser les seules considérations environnementales pour mettre l’accent sur la viabilité économique des transformations agricoles engagées dans la région. Les participants se penchent notamment sur les moyens de rendre les transitions agroécologiques économiquement rentables et accessibles aux producteurs.
L’un des principaux défis consiste à mobiliser des ressources financières importantes afin d’accompagner les agriculteurs, les organisations paysannes et les entreprises dans l’adoption de pratiques agricoles plus durables.
La conférence accorde également une place importante au développement de chaînes de valeur durables. L’objectif est de favoriser une meilleure transformation et commercialisation des productions locales, tout en créant davantage de revenus et d’emplois pour les populations.
La souveraineté alimentaire comme priorité
Dans un contexte marqué par les changements climatiques, les perturbations des marchés internationaux et la fragilité des systèmes alimentaires, la question de la souveraineté alimentaire occupe une place centrale dans les discussions.
Pour les participants, le Bassin du Congo dispose d’importantes potentialités agricoles, forestières et naturelles qui peuvent contribuer à renforcer l’autonomie alimentaire des pays de la région. Leur valorisation nécessite toutefois des investissements adaptés, une meilleure structuration des filières et un accompagnement accru des producteurs.
La transition agroécologique apparaît ainsi comme une piste permettant de concilier production agricole, préservation des ressources naturelles et amélioration des conditions de vie des communautés rurales.
Préserver la biodiversité tout en créant de la richesse
La conservation de la biodiversité constitue également un autre axe majeur de la rencontre. Le Bassin du Congo abrite l’un des écosystèmes forestiers les plus importants de la planète et joue un rôle essentiel dans la régulation du climat.
Les échanges cherchent donc à identifier des mécanismes permettant de protéger ce patrimoine naturel tout en donnant aux populations locales des opportunités économiques durables.
L’enjeu est notamment de promouvoir des modèles de développement capables de générer des revenus sans compromettre les ressources naturelles dont dépendent de nombreuses communautés.
La présence d’institutions financières et d’acteurs du secteur privé traduit la volonté de faire de la transition agroécologique un véritable levier de développement économique.
Les organisateurs, l’Alliance for Food Sovereignty in Africa (AFSA) et la Coordination nationale des organisations paysannes du Cameroun (CNOP-CAM), souhaitent favoriser le dialogue entre pouvoirs publics, organisations paysannes, partenaires financiers et entreprises.
Cette approche vise à faire émerger des solutions concrètes pour faciliter l’accès au financement, renforcer les capacités des producteurs et développer des marchés capables de soutenir les chaînes de valeur agricoles durables.
Yaoundé, plateforme de réflexion régionale
À travers cette conférence, Yaoundé confirme son rôle de plateforme de dialogue sur les grands enjeux agricoles, environnementaux et économiques qui concernent le Bassin du Congo.
Pendant trois jours, les participants doivent ainsi confronter leurs expériences et réfléchir à des stratégies communes susceptibles de favoriser une croissance inclusive dans la région.
Au terme des travaux, l’ambition est de faire émerger des pistes d’action permettant de mieux financer la transition agroécologique, renforcer la souveraineté alimentaire, préserver la biodiversité et améliorer la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
La deuxième Conférence régionale du Bassin du Congo se présente donc comme un rendez-vous stratégique, où les impératifs environnementaux sont désormais étroitement liés aux questions de financement, de création de richesse et de développement économique durable.
Ernesthine BIKOLA





