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Cameroun : le « Man Badjob » tire sa révérence

Dans la nuit du 8 au 9 mai 2026, l’Hôpital Militaire de Yaoundé a perdu l’un de ses plus illustres patients. Le Général de Division Philippe Mpay s’est éteint des suites de maladie, emportant avec lui plus de soixante ans de service au profit de la Nation et la mémoire vivante d’une armée camerounaise qu’il a contribué à bâtir.

Il était de ceux que l’on ne remplace pas. Né en 1939 à Nguibassal, dans le département du Nyong-et-Kellé, digne fils du pays Basaa, Philippe Mpay n’avait pas choisi la facilité. Il avait choisi l’uniforme. Et pendant plus de soixante ans, il l’avait porté avec une rigueur, une intégrité et un attachement à la République que beaucoup lui envieront longtemps.
Formé à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr et à l’École Supérieure de Guerre de Paris, il avait mis son excellence au service du terrain. C’est à Douala, en tant que patron du Commandement opérationnel, qu’il a écrit les pages les plus marquantes de sa carrière. Face à la grande criminalité et aux coupeurs de route qui semaient la terreur, il a mené une lutte sans merci méthodique, implacable, efficace. Ceux qu’il combattait lui avaient trouvé un surnom qui résumait tout : « Man Badjob » l’homme des missions impossibles, celui qu’on appelle quand les autres ont échoué.
Mais derrière le militaire redouté se cachait aussi un pédagogue admiré. Commandant des Écoles militaires, il a façonné des générations d’officiers à l’EMIA et à l’École Supérieure Internationale de Guerre. Jusqu’aux dernières années de sa vie, il continuait de transmettre discrètement, fidèlement les valeurs de loyauté, de patriotisme et d’excellence qui avaient guidé chacun de ses pas.
Aujourd’hui, c’est un silence lourd qui s’installe dans les rangs.
Le Cameroun ne perd pas seulement un général. Il perd une mémoire, un bâtisseur, un gardien silencieux de la République un homme que la mort seule aura pu arrêter.

Victoire NKANA

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