
Camarades, il y a des entreprises où tout se passe bien. Le travail paie, le reste suit. Salaires, avancements, promotions. Tout est normal, selon les efforts de chacun.
Entreprises saines
Il y a aussi des entreprises où c’est plus difficile. Il faut trimer, subir, se battre, tenir bon, parfois rouspéter, tempêter, avant qu’un beau jour, le mérite soit reconnu. Mieux vaut tard que jamais, on a les fruits de son travail.
Mérite différé
Et puis il y a ces entreprises où tout n’est que népotisme, relations, réseaux. Rien n’a de sens. Ce qui prime, c’est comment vous léchez les pieds, avec qui vous couchez ou avez des affinités. Aucune logique. Tu as beau avoir tout ce qu’il faut, avec des résultats, on te dit toujours : va voir tel, rapproche-toi de tel, cause avec tel.
Népotisme
D’autres entreprises encore sont un mélange de tout ça. À tête chercheuse. Une affaire de chance.
Chaos managerial
Mais retenez une chose, camarades. Selon sa position, la loyauté d’un employé sera différente. Selon ce qu’il vit et comment il obtient sa reconnaissance, son comportement sera différent, ainsi que son rapport avec l’entreprise.
Loyauté variable
En ce qui me concerne, autant je me considère comme un professionnel loyal, autant j’ai du mal avec les situations où il faut VOIR des gens en privé pour régler des problèmes simples, administratifs, normaux, légaux. J’y vois toujours une porte ouverte à l’asservissement, un chemin vers une redevabilité malsaine.
Redevabilité malsaine
En entreprise, les pentes sont souvent très glissantes. Il est difficile de se rappeler ce qui s’était passé pour qu’on se retrouve à accepter certaines choses. Quel virage on a pris avant de perdre une partie de son libre arbitre. Très souvent, ça s’est décidé lorsqu’on a préféré demander un service au lieu de partir. Quand on est allé discuter en privé au lieu de déposer une correspondance officielle. Quand on a choisi de demander comment l’autre a fait, au lieu de déposer sa plainte à l’inspection du travail.
Pente glissante
La compromission n’est pas un basculement soudain. C’est une érosion lente, presque imperceptible. On commence par un petit arrangement. Une demande de piston. Une conversation informelle pour arrondir les angles. On finit par ne plus pouvoir agir au grand jour.
Déposer une correspondance officielle, c’est un acte de droit. Ça protège les deux parties. Aller voir en privé, c’est un acte de dépendance. Ça asservit.
Alors, camarades, l’essentiel, c’est d’être bien dans sa peau. Et de pouvoir recommander nos propres astuces à nos enfants dans le futur. Pas de pouvoir leur dire comment on a courbé l’échine. Mais comment on a marché droit.
Source : Chronique du Mboa



