
Les traces de la guerre sont encore vives sur les murs de Khartoum, marqués par les impacts de balles. Après des mois de conflit destructeur entre l’armée et les paramilitaires, la capitale soudanaise entame une reconstruction laborieuse, avançant à pas de caméléon.

Sur le terrain, des ouvriers s’affairent à déblayer les décombres, les vitres brisées et les meubles éventrés. Mais l’élan reste fragile. L’économie, exsangue après près de trois ans de guerre, rend toute reprise difficile.
Le commerçant Osman Nadir témoigne : « Nos entrepôts et magasins, bien remplis avant la guerre, ont été pillés. Nous avons tout perdu et restons endettés envers nos fournisseurs. »
Le retour annoncé du gouvernement à Khartoum, après des mois d’exil à Port-Soudan, et la reprise de la ville par l’armée en mars, redonnent un semblant d’espoir. Pourtant, sur les étals, la vie reprend avec lenteur.
« Le marché est loin d’être stable, explique un autre commerçant, Abdullah Ahmed Abdel-Majid. Les clients viennent, voient les prix affectés par la guerre, et repartent souvent. »
En toile de fond, le bilan humain reste accablant : des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés, et ce que l’ONU nomme la « pire crise humanitaire au monde ». La reconstruction de Khartoum, aussi nécessaire soit-elle, ne efface pas ces plaies profondes.
Gérald Nyatte




