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Retrait de la CAN 2019 au Cameroun : Paul Biya reste stoïque et solidaire de sa jeunesse

Alors que peu d’exégètes et observateurs s’attendaient à une décision aussi injuste qu’injustifiée, la nouvelle sur le retrait de l’organisation de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN 2019) par le Cameroun est tombée tel un couperet. Prise à l’unanimité, et contre toute attente, au terme de l’assemblée générale extraordinaire du Comité Exécutif de la CAF (Confédération Africaine de Football) réunie à Accra, le 30 novembre 2018, en marge de la CAN féminine de football qui a vu la qualification des Lionnes indomptables pour la Coupe du monde qui se disputera en juin 2019 en France, les panelistes de l’instance faitière du football africain ont estimé que le pays du président Paul Biya n’était pas prêt à organiser ladite CAN. Informé par cette décision qui a créé un tollé général dans l’opinion nationale et internationale, le président Paul Biya a tout de même tenu à présider la finale de la Coupe du Cameroun de football qui se jouait le lendemain au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, entre Eding-Sport de la Lékié et Lion Blessé de Fotouni (1-0).

Est-ce à dire que le silence présidentiel et sa présence au stade le 1er décembre mésestimaient la décision inique de la CAF ? Que non ! Circonspect, mesuré et tempéré comme de tradition, le chef de l’Etat ne s’est pas précipité à se prononcer sur la volte-face de la CAF, alors que sa parole d’honneur avait été donnée au président Paul Biya, par le président de la CAF en visite au Cameroun, le 2 octobre 2018.

Homme de parole, patriarche et sage bantou, Paul Biya sait surtout être stoïque et héroïque. Son silence parle ! Son mutisme est expressif, très expressif, et n’ira pas non sans conséquences ! Mais, au-delà de la déception, Paul Biya a surtout tenu à aller personnellement présider la finale au stade omnisports de Yaoundé pour une raison : marquer la solidarité du premier sportif camerounais envers la jeunesse nationale spoliée d’un rendez-vous international, dont le CAN féminine de 2016 fut un test retentissant en terme de succès populaire et sportif. Et même si comparaison n’est pas raison, la CAN féminine de 2018 remportée par le Nigéria devant l’Afrique du Sud est loin d’avoir atteint le succès de celle organisée au Cameroun en 2016.

Le silence du président peut-il être lisible à travers la prise de position officielle du porte-parole du Gouvernement, le ministre de la Communication ? Possible ! Fort à propos, on le voit bien, le Gouvernement Camerounais a pris connaissance avec consternation de la décision du Comité Exécutif de la CAF de retirer au Cameroun l’organisation de la CAN 2019. « Cette décision étonnante, écrivait le MINCOM, ne rend assurément justice ni aux investissements colossaux consentis par notre pays et qui se traduisent par de belles infrastructures modernes visibles de tous, ni à l’engagement déterminé du Chef de l’État et au Peuple camerounais à déployer les efforts nécessaires pour abriter en 2019, une fête éclatante du football africain… »

Une décision arbitraire et partiale

Dans le fond, la décision de la CAF ne surprend que peu de monde. On la sentait venir dès l’élection triomphaliste du Malgache Ahmad Ahmad à la présidence de la confédération. Comme un air de revanche, le Cameroun est aussitôt rentré sous pression, dans une kyrielle d’assertions contreproductives contre le pays de Paul Biya, souvent, au point d’en indigner les spécialistes étrangers. Jamais par le passé un pays organisateur de la CAN n’a subi autant de pressions psychologiques, de compressions et de chantages comme ce fut le cas du Cameroun. « Force est de constater, note le ministre de la Communication, que notre pays a fait l’objet dès le départ, dans le cadre de ce dossier, d’un traitement qui ne peut que susciter des interrogations. Face à cette injustice flagrante, le Gouvernement de la République demande au Peuple camerounais de garder toute sa sérénité et de ne pas céder à la tentation des polémiques stériles. »

Bien que les dés semblent avoir été pipés dès le départ avec la modification du cahier de charges passé de 16 à 24 pays en cours de processus, « le Cameroun n’a pas démérité. » Le peuple et son leader sont débout devant la bravade commune qui les interpelle plus que jamais, à savoir faire du défi des infrastructures, un pari. Le MINCOM traduit cette résolution. « Le Cameroun prouvera à la face du monde en poursuivant avec la même détermination, la construction des infrastructures qui appartiennent au Peuple camerounais et en les achevant à bonne date, ainsi que s’y est engagé le chef de l’État. Il y a néanmoins lieu de souligner que le football africain ne pourra se hisser au niveau de celui des continents plus avancés, sans le respect d’une certaine éthique. Notre pays, qui a écrit certaines des pages les plus belles du football africain, continuera à œuvrer sans relâche (…) au développement du football de notre cher continent. » Voilà qui est clair, le lion ne renonce pas à sa proie. La fierté nombriliste d’un peuple est infaillible face au défi du doute. « Impossible n’est pas camerounais », dixit Paul Biya, l’heure est venue de tenir ce pari, avec ou sans CAN, avançons ensemble vers l’émergence !

                                                             Par Alioum Mohammed à Garoua

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