
Le célèbre animateur et producteur camerounais Consty Eka s’est éteint ce lundi 16 février 2026 à Abidjan des suites d’un malaise. Celui qu’on surnommait « le Roi de la Télé » laisse derrière lui un héritage audiovisuel considérable et une génération de professionnels qu’il a inspirés.

C’est une nouvelle qui a frappé le paysage médiatique africain comme un éclair dans un ciel bleu. Consty Eka, l’homme aux multiples casquettes animateur charismatique, producteur visionnaire, promoteur infatigable n’est plus. Il s’est éteint le lundi 16 février 2026 à Abidjan, sa terre d’adoption, rapportent plusieurs confrères de Médiatude. Il avait 67 ans.

Selon des témoignages concordants recueillis par nos confrères, la journée du lundi avait pourtant débuté comme une journée ordinaire pour ce titan de l’audiovisuel. Présent à son bureau d’Abidjan, il aurait été victime d’un violent malaise. Rentré chez lui, son état se serait brusquement aggravé. C’est là, selon des sources proches de l’équipe de CEN TV, qu’il aurait commencé à vomir du sang, plongeant ses proches dans l’effroi . Transporté d’urgence à l’hôpital, Consty Eka n’a malheureusement pas survécu, succombant quelques instants plus tard à ce que les premiers éléments laissent penser être une hémorragie foudroyante.
L’émotion est vive et les hommages se bousculent sur les réseaux sociaux. « Consty Eka est décédé. Le célèbre animateur camerounais, surnommé « Roi de la Télé », est mort à Abidjan à la suite d’un malaise. Une perte immense pour le paysage médiatique du Cameroun », a réagi sur sa page l’ancien collaborateur du journal Le Jour, André Bofia . Le journaliste de la CRTV, Télesphore Mba Bizo, a lui aussi tenu à saluer la mémoire d’un homme qui a révélé, dès 1986, le premier boys band camerounais dans son émission Music Video Show .

Né au Cameroun, Consty Eka avait posé ses valises en Côte d’Ivoire à la fin des années 70, un pays qu’il considérait comme sa « maison » . C’est sur les bords de la lagune Ébrié qu’il a forgé sa légende, important des concepts novateurs et un professionnalisme sans faille. Il était bien plus qu’un simple animateur. Véritable « faiseur de roi » des médias, il était le fondateur et PDG du groupe CEKAM Production, et avait lancé des projets audacieux comme la radio Voltage2 et la chaîne CEN TV .
Son parcours, c’était aussi l’histoire d’un homme qui a toujours vu grand pour son continent. En 1992, il crée les Africar Music Awards, la première cérémonie de récompenses musicales dédiée aux artistes africains et des Caraïbes . Quatre ans plus tard, il réalise un coup de maître en interviewant le président gabonais Omar Bongo pour son émission Confidences sur TV5 Monde, un exercice auquel peu de journalistes avaient eu accès . « Il m’a dit que s’il quittait cette terre des hommes avant moi, il souhaiterait que l’intégrale de cette interview soit mise à la disposition des enfants d’Afrique », confiait-il des années plus tard, gardien de quatre heures d’un entretien historique .
Sa carrière, riche et dense, fut jalonnée de distinctions. En juin 2022, il avait reçu à Abidjan le prestigieux prix de « Légende de la communication audiovisuelle » lors des ASCOM AWARDS, une consécration pour celui qui avait révolutionné le petit écran bien des années auparavant .
Sa disparition brutale laisse un vide immense. Comme l’écrit si justement un site d’information camerounais, « la mort de Consty Eka dépasse l’émotion. Elle pose une question structurelle : qui porte aujourd’hui l’autorité symbolique dans les médias ? » . Le « Roi de la Télé » est parti, mais sa cour, faite de rigueur, de panache et d’amour pour l’Afrique, n’est pas prête de disparaître. Ses obsèques n’ont pas encore été annoncées, mais l’hommage, lui, a déjà commencé, vibrant et unanime, de Yaoundé à Abidjan, et bien au-delà.
Gérald Nyatte



