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Culture : le mariage du fils d’un grand opérateur économique met la musique camerounaise à rude épreuve

En cause, les contenus pour la plupart teintés d’obscénités qui ne font plus courir les mélomanes au point d’assurer la domination des musiques venues d’ailleurs.

Le dernier mariage de la fille du directeur de Congelcam, sylvestre Ngouchinghe au petit fils du défunt Kadji Defosso est venu confirmer que la musique camerounaise se porte de moins en moins bien. Au cours de cette célébration nuptiale haut de gamme du fait des familles impliquées qui sont fortunées, les artistes camerounais ont été snobés. Cela peut paraitre banal à première vue, mais renseigne à suffire sur la décote de la musique du Cameroun. Bien avant que cette descente aux enfers de la musique camerounaise ne se confirme, le Pr Hubert Mono Dzana dans l’un de ces ouvrages qui avait fait sensation alertait déjà sur les chansons de Sodome et Gomorrhe. L’homme de science dénonçait à cors et à cri la forte propension des artistes camerounais à faire référence dans leurs chansons, des thèmes ayant un lien avec les dessous de ceinture.

Cette forte propension à faire l’apologie du sexe dans la plupart de leur chanson avait fini par lasser les fans qui sont devenus de plus en plus exigeants en ce qui concerne les contenus encouragés par une forte pénétration des musiques d’ailleurs qui très souvent ont des contenus  parfois plus instructifs. De l’avis de certains amateurs de la chanson, l’agonie de la musique camerounaise est à attribuer au laisser faire et au laisser-aller entretenus par les autorités camerounaises qui ont mis la censure de côté. Du coup, tout le monde peut se lever et chanter n’importe quoi sans que cela n’émeuve personne. En Côte d’Ivoire, aux Congo, au Nigéria par exemple, les contenus de la musique sont passés au peigne fin avant leur diffusion afin d’éviter que leur contenu ne corrompt les bonnes mœurs.

Certains nostalgiques pensent que la musique camerounaise avait connu son âge d’or au moment où la censure existait, les artistes qui faisaient danser toute l’Afrique bien avant l’outil informatique qui contribue en ce moment à faire voyager la musique à une vitesse supersonique, produisaient des chansons aux contenus instructifs qui n’avaient rien à voir avec les dessous de ceinture désormais à la mode. Les artistes camerounais de cette époque qui est loin derrière, avaient des fans dans tout le monde entier. Qui pouvait rester indifférent face au génie développé par les têtes brûlées de Zanzibar, les Black style, les vétérans du Bikutsi, entre autres. La musique camerounaise était adulée et était sur toutes les play lists et caracolait au top des hits parades internationaux. D’aucuns affirment que aussi que, cette décrépitude est due à une mauvaise politique camerounaise qui n’arrive pas à faire décoller la musique qui peut produire les devises. Pourquoi ne pas copier l’exemple du Nigéria ou du Congo démocratique où  la musique est une véritable industrie qui fait vivre son homme. Rien à voir avec la misère dans laquelle baigne les artistes du terroir. 

Néanmoins, certains artistes camerounais continuent de produire des œuvres dignes et adulées dans le monde entier, il est aussi important que les Camerounais apprennent à célébrer leurs propres artistes à travers leurs œuvres. Au lieu de faire toujours appel aux artistes d’ailleurs et leur délivrer des gros cachets qu’on ne pas octroyer aux artistes locaux qui ne versent pas tous dans les contenus obscènes mais  font aussi la fierté du Cameroun dans le registre de l’art musical. Comment comprendre que dans un événement qui a lieu au Cameroun, on décide de tourner le dos aux artistes camerounais pour dérouler le tapis rouge exclusivement à ceux venus d’autres pays ? Question de conscience.

Emmanuel MVELE

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