
Immersion, en ce mois de la prévention des risques professionnels, dans cette problématique dont la conclusion est inévitable : la consommation de l’alcool au travail constitue un facteur aggravant du risque professionnel, mais pas que…
Avant tout, revenons sur les caractéristiques de l’alcool : c’est un neurodépresseur (calmant, ndlr) fait à base de fermentation de végétaux riches en sucre ou par distillation. Il n’est pas digéré et passe directement du tube digestif aux vaisseaux sanguins ; c’est alors qu’en quelques minutes, le sang le transporte dans toutes les parties de l’organisme humain. Il ralentit donc l’activité cérébrale, altère le jugement, la coordination et la vigilance, au point où, il est indéniablement un facteur démultiplicateur des accidents de travail (entre 10 à 20% des cas, selon des estimations très récentes). Il est donc établi qu’en milieu professionnel, la consommation de l’alcool peut avoir des conséquences graves sur la santé, la sécurité et la qualité du travail.
Dispositions règlementaires au Cameroun
L’article 47 de l’Arrêté 039/MTPS/IMT du 26 novembre 1984 fixant les mesures générales d’hygiène et sécurité sur les lieux de travail stipule : « Il est interdit d’introduire et de distribuer des boissons alcooliques ou alcoolisées sur les lieux de travail ».
Pour que chaque travailleur prenne conscience des dangers liés à l’alcool au travail et adopte un comportement responsable pour préserver sa sécurité et celle de ses collègues, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) a simplement interdit la consommation de l’alcool, même dans ses évènements internes. Une option managériale et une conscientisation opportunes ; car, les risques liés à la consommation de l’alcool sur le lieu de travail sont multiples.
Baisse de la performance et erreurs professionnelles
En réalité, même une consommation modérée peut réduire la concentration et la vigilance, entrainant une baisse de la productivité. De plus, les erreurs liées à l’alcool peuvent compromettre la qualité du travail, causer des retards et impacter l’ensemble de l’équipe. Et, ce qui est sûr, un travailleur en état d’ébriété s’expose à des sanctions disciplinaires, allant de l’avertissement au licenciement.
Augmentation des accidents du travail
Le constat est patent : l’alcool altère les réflexes et le jugement ; ce qui augmente les risques d’accidents. Il représente également un danger majeur pour ceux qui manipulent des machines, des outils ou des substances dangereuses. C’est un secret de polichinelle que les travailleurs qui conduisent sous l’influence de l’alcool mettent leur vie et celle des autres en danger.
Dégradation des relations professionnelles
Vous l’ignoriez peut-être, mais l’alcool peut engendrer des conflits, des comportements inappropriés et des tensions entre collègues. Une consommation excessive peut mener à l’isolement, une perte de crédibilité et une détérioration du climat de travail.
Il est même interdit de laisser entrer ou séjourner dans les lieux de travail, des personnes en état d’ivresse. Ce qui nous amène à rappeler que la prévention est une responsabilité partagée, en suivant des mesures spécifiques.
Respecter les règles en vigueur
Chaque travailleur doit respecter la réglementation en matière de sécurité et d’hygiène et le règlement intérieur en entreprise.
Signaler les comportements à risque
Tout travailleur a le devoir de signaler toute situation mettant en danger la sécurité collective ; car, un collègue en état d’ébriété sur le lieu de travail met tout le monde en danger. Aussi, signaler ces comportements permet d’éviter des drames et de garantir un environnement de travail sûr.
D’où, l’urgence d’adopter une attitude responsable, en ne consommant pas d’alcool pendant les heures de travail ; en évitant la pression sociale incitant à boire en milieu professionnel et en prenant conscience des risques, tout en privilégiant un mode de vie sain. Mettons de l’emphase sur la réalité : l’alcool et le travail ne font pas bon ménage. Chaque travailleur a un rôle à jouer pour garantir sa propre sécurité et celle de ses collègues.
A bon entendeur…
sécurité sociale
Source : celcom CNPS