Réunis à Abuja, les dirigeants ouest-africains ont rejeté le calendrier de transition proposé par les militaires de Guinée-Bissau et exigent un retour rapide à l’ordre constitutionnel, sous peine de sanctions.
À l’issue de son sommet tenu dimanche à Abuja, au Nigeria, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a clairement affiché sa fermeté. Le bloc régional a rejeté le programme de transition présenté par les autorités militaires de Guinée-Bissau, appelant à une restauration rapide du pouvoir civil.
L’organisation sous-régionale prévient : des sanctions ciblées seront imposées à toute personne ou entité qui tenterait de freiner le processus démocratique. Une mise en garde appuyée par le président de la Sierra Leone et président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio, qui a dénoncé une inquiétante régression démocratique dans la région. Selon lui, la démocratie reste indissociable de la paix, de la justice et du développement, aujourd’hui mis à mal par la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement.
De la Guinée-Bissau à la tentative de coup d’État récemment signalée au Bénin, la CEDEAO estime que la stabilité régionale est sous pression. Une situation d’autant plus sensible que l’organisation a déjà été éprouvée par une série de coups d’État entre 2020 et 2023 au Burkina Faso, en Guinée, au Mali et au Niger, toujours dirigés par des régimes militaires. Si le processus de transition en cours à Conakry est salué comme un progrès notable, les fractures persistent.
Le vice-président nigérian, Kashim Shettima, a de son côté appelé à l’unité du bloc, malgré les tensions avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Pour Abuja, l’Afrique de l’Ouest demeure avant tout une communauté de destin, soudée par l’histoire, la culture et des aspirations communes, où le dialogue doit primer sur la confrontation.

Sur le terrain de l’opinion publique ouest-africaine, la CEDEAO reste toutefois critiquée. Si elle est reconnue comme l’une des organisations régionales les plus actives du continent, elle est accusée de passivité face à certains régimes accusés de violer les Constitutions et les libertés publiques, et soupçonnée par ses détracteurs d’agir sous l’influence d’agendas occidentaux, notamment français.
Gérald Nyatte





