
L’audience fixée au mercredi 17 juin 2026, au Palais des Congrès de Yaoundé. Le Conseil constitutionnel doit examiner le recours déposé par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun contre la prorogation du mandat des conseillers municipaux.
Le Conseil constitutionnel a fixé au 17 juin 2026 le procès du recours déposé par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun contre la prorogation du mandat des conseillers municipaux. Tenons à rappeler que cette formation politique avait saisi l’institution le 3 juin 2026, en s’appuyant sur l’article 46 de la Constitution. Et que le recours, avait déjà été jugé recevable dans un premier temps favorable au parti d’opposition, qui avait obtenu ainsi un débat de fond devant les juges constitutionnels.
Au cœur de cette bataille juridique se trouve le décret présidentiel numéro 2026/166 du 4 mai 2026, qui prolonge jusqu’au 28 février 2027 le mandat des conseillers municipaux initialement élus en février 2020. Maurice Kamto, président du parti, dénonce un piétinement de la loi et une substitution du pouvoir exécutif au Parlement et au peuple. Selon lui, le texte est contraire à la Constitution, au code général des collectivités territoriales décentralisées et au principe de non-rétroactivité des lois. Plus précisément, la formation politique attaque le décret présidentiel pris sur la base du Code électoral modifié à son article 170 par la loi du 14 avril 2026 une disposition qui donne au chef de l’État le pouvoir de proroger sans limite le mandat des édiles municipaux. D’après Maurice Kamto, depuis le 1er juin 2026, les conseils municipaux se trouveraient en situation de vacance légale, privant les citoyens de leurs représentants locaux.
Du côté du parti au pouvoir, la riposte est immédiate. Pour le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, la démarche de Maurice Kamto est qualifiée de spécieuse et sans objet.

Un communicant de la formation, Patrick Rifoe, conteste notamment la qualité du requérant. Les juges devront trancher deux questions essentielles : le décret présidentiel est-il conforme à la Constitution, et si tel n’est pas le cas, faut-il annuler la prorogation et convoquer immédiatement le corps électoral ? Pour Mamadou Mota, premier vice-président du parti d’opposition, l’enjeu dépasse le simple verdict judiciaire il s’agit de montrer le spectacle de l’injustice institutionnalisée au peuple camerounais et à la communauté internationale.
L’audience du 17 juin 2026 déterminera si le Conseil constitutionnel confirme la prorogation décidée par décret ou impose un retour aux urnes pour les municipales camerounaises.
Victoire Nkana




