
Objet de l’audience que l’Administrateur du Fonds de Développement des Filières Cacao et Café, Samuel Donatien Nengue, a accordée à cette délégation étrangère, le 04 février 2026 à Yaoundé.

Restauration des paysages, atténuation et adaptation aux changements climatiques dans les secteurs de l’agriculture, de la foresterie et de l’utilisation des terres. Tel est le projet de coopération, en droite ligne des orientations stratégiques du Fonds de Développement des Filières Cacao et Café (FODECC), qui a fait l’objet d’une audience que son Administrateur Samuel Donatien Nengue a accordée, le mercredi 04 février 2026, à une délégation de l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA).
Mission d’écoute et de capitalisation
La cheffe de mission JICA pour la conservation de la nature dans le bassin du Congo a indiqué que cette visite visait à capitaliser l’expérience du FODECC en matière de cacao durable : défis rencontrés, partenariats structurants, leçons apprises et dynamique de la coopération internationale, en vue de mieux formuler le futur projet.

FODECC : un modèle de financement durable
En réponse, l’Administrateur du FODECC a rappelé l’engagement de la structure dans des réflexions de haut niveau sur le climat, notamment à travers des échanges avec le Fonds Monétaire International (FMI), ainsi que ses partenariats internationaux solides, en particulier l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI).
Samuel Donatien Nengue a également mis en lumière le Projet Pilote pour l’Intensification Durable et la Transition Agroécologique (PAIDATA), qui concilie financement des filières cacao-café et préservation des écosystèmes forestiers.

Aussi, a-t-il rappelé que le FODECC a engagé un vaste programme de géolocalisation et de traçabilité des producteurs et des parcelles, conformément au Règlement Européen contre la Déforestation (RDUE). À ce jour : 360 000 producteurs et près de 400 000 parcelles recensés. Objectif 2026 : 500 000 producteurs et parcelles enregistrés.
Grâce à un partenariat avec le Centre Technique de la Forêt Communale (CTFC), les données des parcelles agricoles sont superposées à la cartographie des forêts classées afin de garantir zéro intrusion dans le domaine forestier permanent.
Produire plus, sans détruire les pratiques durables
En effet, les travaux de cartographie ont révélé une sous-densité des plantations (600 pieds/ha contre 1 100 recommandés), faisant de la redensification un levier clé pour accroître les rendements sans extension des superficies.

En parallèle, la recherche et les techniques de greffage permettent de régénérer les vieux vergers et d’améliorer leur résistance.
Cap sur 640 000 tonnes de cacao d’ici 2030
Ces actions contribuent à l’atteinte de l’objectif national de 640 000 tonnes de cacao à l’horizon 2030. À titre indicatif, la dernière campagne cacaoyère a enregistré 17 000 tonnes supplémentaires.
Bertrand TJANI



