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Assainissement du secteur cultuel : le Palais de l’Unité choisit ses nouveaux partenaires religieux

Par une série de décrets signés le vendredi 23 janvier 2026, le Président de la République, Paul Biya, a accordé l’autorisation officielle d’exercer à sept organisations religieuses. Entre diplomatie, influence locale et régularisation de géants africains, cet acte présidentiel redessine la cartographie confessionnelle légale du pays.

Le Président de la République, Paul Biya, a dans une série de décrets, signé le 23 janvier, accordé l’autorisation officielle d’exercer à sept organisations religieuses. L’une des décisions les plus scrutées de cette vague de décrets est la reconnaissance formelle de la « Chapelle de la Gloire du Christ ». Cette congrégation est dirigée par Oswald Baboké, dont la stature dépasse le cadre ecclésiastique. En sa qualité de Directeur Adjoint du Cabinet Civil de la Présidence de la République, Oswald Baboké voit ainsi son ministère spirituel acquérir une assise juridique définitive. Si son influence au Palais de l’Unité et son engagement pastoral étaient déjà de notoriété publique, ce décret vient clore le chapitre de la simple tolérance pour son église.

Entre géopolitique et ancrage continental

La liste des bénéficiaires révèle une volonté de structurer le paysage religieux en tenant compte des réalités diplomatiques et régionales :

L’axe Yaoundé-Moscou : L’autorisation de l’Église Orthodoxe Russe du Cameroun (EORC) est loin d’être anodine. Elle s’inscrit dans le sillage du renforcement des relations bilatérales entre le Cameroun et la Russie, illustrant une forme de diplomatie religieuse active.

L’influence nigériane : Deux poids lourds du paysage évangélique mondial, la Winners Chapel International et la Redeemed Christian Church of God (Église Chrétienne des Rachetés de Dieu), sortent enfin de la précarité administrative. Malgré des milliers de fidèles au Cameroun, ces églises attendaient depuis des années cette onction légale.

Patrimoine local : La Communauté Missionnaire Chrétienne Internationale (CMCI), œuvre de feu Zacharias Tanee Fomum, ainsi que l’Église Évangélique Libre du Cameroun et la Mission Chrétienne de l’Espérance, voient également leur statut régularisé, récompensant ainsi des décennies de présence sur le terrain.

Vers la fin de la « Tolérance administrative » ?

Au Cameroun, la loi de 1990 stipule que seule la signature du Chef de l’État peut conférer une existence légale à une association religieuse. Pourtant, des milliers de lieux de culte fonctionnent encore sous le régime précaire de la « tolérance ».

En choisissant de légaliser ces sept entités d’envergure, le pouvoir de Yaoundé semble envoyer un signal double : la reconnaissance du poids social : ces structures gèrent des écoles, des hôpitaux et des programmes sociaux d’importance et l’assainissement à venir : cette intégration dans le cadre légal pourrait préluder à une fermeté accrue envers les églises dites « de réveil » qui ne respectent pas les normes administratives ou qui causent des nuisances sonores et sociales.

Le Palais de l’Unité rappelle que les textes intégraux de ces décrets sont consultables sur le portail officiel de la Présidence de la République. Cet acte de transparence permet aux fidèles et aux responsables de ces congrégations de prendre acte des droits et devoirs liés à leur nouveau statut de personne morale reconnue par l’État.

Ernesthine BIKOLA

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