
C’est l’essentiel du message qui se dégage des Réunions Annuelles d’Orientation 2026 du Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat, couplées à la cérémonie solennelle de présentation des vœux de Nouvel An, tenues les 28 et 29 janvier 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé.

Sous le thème : « La place de l’artisanat dans la réalisation de la SND30 : état des lieux et perspectives », ces assises ont réuni administrations publiques, collectivités territoriales décentralisées, partenaires techniques et financiers, organisations professionnelles, ainsi que les acteurs de terrain de l’artisanat, dans une dynamique de réflexion stratégique et de reddition des comptes.
Un bilan 2025 globalement satisfaisant, malgré des défis persistants
Dans son allocution, le Ministre des PME, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat a dressé un bilan encourageant de l’année 2025, marquée par des réformes structurantes et des avancées concrètes dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).

Parmi les réalisations majeures figurent notamment la promulgation de la loi n°2025/010 du 15 juillet 2025 portant régime de la sous-traitance, le renforcement de l’incubation entrepreneuriale en milieu universitaire, l’amélioration progressive de l’accès des PME au financement, la promotion de l’import-substitution et la certification des produits locaux, ainsi que la structuration continue des réseaux de l’économie sociale et la formalisation des acteurs de l’artisanat.
Le développement d’infrastructures de proximité, à travers l’extension des services déconcentrés et la réalisation de Villages Artisanaux, a également contribué à rapprocher l’action publique des populations, tout en améliorant l’environnement des affaires.
L’artisanat, un moteur de croissance inclusive et de création d’emplois
Au cœur des échanges, l’artisanat est apparu comme un vecteur majeur de création d’emplois, de valorisation des savoir-faire locaux et de promotion du label « Made in Cameroon ».

Toutefois, les participants ont unanimement reconnu que son plein potentiel reste freiné par des faiblesses structurelles : cadre institutionnel incomplet, faible structuration des acteurs, accès limité au financement, insuffisante digitalisation et faible intégration dans les chaînes de valeur.

C’est dans ce contexte qu’un document de synthèse des recommandations, articulé autour de cinq axes stratégiques, a été adopté à l’issue des travaux.
Des recommandations fortes pour une réforme en profondeur du secteur
Au plan de la gouvernance et du cadre institutionnel, les participants ont recommandé la finalisation de la mise en place des Chambres de Métiers de l’Artisanat (CMA), la révision de la loi de 2007 régissant l’artisanat, l’opérationnalisation du Conseil National de l’Artisanat, ainsi que la création d’une direction dédiée à l’artisanat au sein du MINPMEESA.

En matière de suivi-évaluation et de performance, la mise en place d’un dispositif national de suivi des politiques de promotion de l’artisanat, le renforcement de la gestion des recettes non fiscales des Villages Artisanaux et l’instauration de mécanismes d’incitation fondés sur la performance ont été préconisés.
Le renforcement des capacités, la modernisation des équipements, la création de centres spécialisés de formation et d’incubation, ainsi que des programmes ciblés en faveur des femmes et des jeunes artisans constituent un autre pilier essentiel de la réforme.

La digitalisation et l’accès aux marchés occupent une place centrale, avec la promotion des plateformes de vente en ligne, des galeries virtuelles, l’institutionnalisation du Salon International de l’Artisanat du Cameroun (SIARC) et le renforcement de la coopération internationale pour l’exportation des produits artisanaux camerounais.

Enfin, la décentralisation et le développement local passent par l’accélération du transfert effectif des compétences aux Régions et aux Communes, accompagnées des ressources adéquates.
Une mobilisation multisectorielle et partenariale
Les recommandations s’adressent également à d’autres administrations clés, notamment le MINFI, la BC-PME, le MINDDEVEL, le MINPOSTEL/ANTIC, les Collectivités Territoriales Décentralisées, les Villages Artisanaux, les Unités de Production Artisanales, ainsi qu’aux Partenaires Techniques et Financiers, appelés à soutenir la structuration, la digitalisation et la commercialisation du secteur.

Une mention particulière a été faite à l’endroit de l’INBAR, invitée à accélérer la mise en œuvre de la plateforme de commercialisation des produits artisanaux.
2026, une année charnière pour l’artisanat et l’emploi des jeunes
S’inscrivant dans la dynamique du Plan Spécial de Promotion de l’Emploi des Jeunes, impulsé par le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, l’année 2026 s’annonce décisive.

L’action du MINPMEESA sera résolument orientée vers l’accompagnement des secteurs à fort potentiel de création d’emplois, dont l’artisanat, à travers des mesures ciblées d’appui institutionnel, technique et financier.

En appelant à une mobilisation collective, le Ministre a réaffirmé son engagement en faveur de la bonne gouvernance, de la performance et de la discipline administrative, conditions indispensables pour faire de l’artisanat un véritable moteur de croissance inclusive, de création d’emplois décents et de transformation durable de l’économie camerounaise.
Luther SANA



