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Acticcc : l’ambition de faire de la culture un levier de croissance réaffirmée


C’était au cours d’une rencontre d’échanges, surtout d’élaboration du plan d’actions , de groupement des acteurs des industries culturelles et créatives du Cameroun, qui a eu lieu, vendredi 22 février 2026, au Centre culturel Ubuntu, de Yaoundé.
Le Cameroun par essence est un pays qui affiche une richesse culturelle qui est sous valorisée du fait d’un manque criard de structuration. Pourtant, il existe non seulement deux langues officielles, le français et l’anglais mais aussi, une foultitude de langues nationales particularisant très souvent chaque ethnie. Tout ce potentiel ne permet pas toujours une éclosion culturelle. Les acteurs culturels n’arrivent pas véritablement à émerger comme dans d’autres pays, surtout au regard du contexte mondial où les industries culturelles et créatives ( Icc) génèrent 2 250 milliards de dollars et emploient 29. 5 millions, selon les chiffres de l’Unesco-organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
Au regard de ce contexte mondial favorable à la croissance des Icc, le Cameroun présente plusieurs freins qui sont : la faible structuration, l’informalité du secteur qui pointe à 88% en Afrique subsaharienne, l’accès limité aux financements, l’absence de cadre juridique et fiscal adaptés. L’Acticcc, conscient de ce contexte se positionne comme un acteur stratégique, un facilitateur, et un moteur de croissance pour l’économie créative camerounaise.

Lors de cette rencontre, il a été question pour le bureau de l’Acticcc ainsi que tous les acteurs des secteurs culturels présents, de débattre sur des points importants dont les résolutions peuvent être mises en œuvre afin que le mouvement culturel, dans son ensemble décolle et produise véritablement des devises à l’Etat du Cameroun qui a besoin d’une culture forte, conquérante. Il s’agira pour les acteurs culturels du Cameroun, de se déployer afin de convaincre à travers le monde afin de sonner l’émergence de la culture.


Les atouts pour que le Cameroun réussisse ce saut qualitatif sont notamment, une diversité culturelle unique à travers plus de 250 ethnies langues, un vivier de créativité inexploité, un positionnement unique en Afrique, deux langues officielles ; une jeunesse ultra créative et connectée (60% de la population a moins de 25 ans selon les données de la Banque mondiale de 2024), un boom des plateformes digitales, streaming, gaming ; un marché régional en pleine croissance, hub stratégique en Afrique centrale, hausse de la consommation culturelle et numérique ; une digitalisation accélérée et des opportunités technologiques ; un fort potentiel de monétisation des Icc ; des initiatives exemplaires et structurantes dans plusieurs filières. Fort de cela, l’Acticcc de par ses missions, entend poursuivre avec beaucoup de vigueur, la structuration et la professionnalisation des Icc ; stimuler l’investissement dans l’innovation ; développer l’accès aux financements et aux marchés ; militer pour un cadre législatif et fiscal favorable aux Icc.


Le président de l’Acticcc, Blaise Etoa durant les discussions, qui ont cours lors de cette rencontre ne manquait pas de rassurer les participants de ce que le groupement est en train d’œuvrer pour que la culture camerounaise explose et booste l’économie du pays. « La poursuite de la création de l’écosystème culturel au Cameroun. Nous avons lancé l’année dernière, un pacte culturel pour le Cameroun adressé au chef de l’Etat dont nous allons poursuivre le plaidoyer, notamment en adressant les Collectivités territoriales décentralisées à l’orée de l’élection à venir. On souhaite également avoir un pacte culturel citoyen qui va permettre d’adresser ceux-là mêmes qui permettent que l’offre culturelle qui est en amont puisse trouver une demande. Que les gens consomment leur patrimoine, leurs produits culturels, surtout que les gens apprécient ce qui leur est proposé. Nous avons observé qu’il y a une problématique du regard, la manière avec laquelle nous regardons ce que nous sommes avec distance, avec condescendance, et souvent même avec méfiance. Il faut que cela change. Ca fait l’objet d’un plaidoyer vis-à-vis de ce que nous sommes en tant qu’être dans le temps et dans l’espace mais également en termes de projection », a martelé le président Blaise Etoa.
Les chantiers de l’Acticcc sont nombreux et à terme, vont parvenir à la création d’une économie culturelle en permettant aux acteurs culturels de vivre du fruit de leur art, à travers les droits d’auteur, un statut du professionnel de la culture, divers mécanismes qui favoriseront que la culture soit un objet d’investissement et qu’elle produise de la valeur ajoutée pour le Cameroun et pour son développement.
Joseph MBA

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