
Le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural informe que la localité de Messamena accueillera samedi 26 septembre 2026 un événement stratégique articulé autour du lancement officiel d’une exploitation agricole pionnière. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme « Une plantation de banane plantain, une maison autonome » et mobilise une alliance quadripartite entre la filière agroindustrielle, la collectivité territoriale, le secteur privé et les services publics chargés de la régulation des travaux.
Samedi 26 septembre 2026 constituera un jalon important dans la déclinaison territoriale de la stratégie agricole camerounaise de diversification des cultures de rente et d’appui à l’entrepreneuriat rural. L’Institut Supérieur Fang de Messamena, établissement d’enseignement agricole du département du Nyong-et-Kéllé, accueillera la phase inaugurale d’une initiative révolutionnaire de production de bananiers plantains en contexte d’exploitation industrielle. Le Ministère de l’Agriculture a confié à cet établissement d’enseignement la responsabilité de piloter l’expérimentation avant une éventuelle réplication dans d’autres zones agroécologiques.
La particularité de cet événement réside dans la signature simultanée d’un accord-cadre quadripartite regroupant quatre acteurs distincts. La Filière Banane Plantain camerounaise, structure faîtière représentant l’ensemble des producteurs et transformateurs du secteur, s’engage auprès de la Mairie de Messamena, collectivité territoriale responsable de la gouvernance locale et du développement communal. Parallèlement, le Coq Noir, entreprise du secteur privé spécialisée dans la transformation et la commercialisation des produits agricoles, se joint à cet engagement collectif. Enfin, Chrono Services BTP, entreprise de travaux publics et de services, apporte son expertise en matière de construction et d’aménagement des espaces. Chrono services BTP contribuera spécifiquement à la dimension « maison autonome » du programme, garantissant que chaque plantation de bananiers plantains s’accompagne d’infrastructures de vie décentes pour les exploitants.
Le Programme « Une plantation de banane plantain, une maison autonome » représente une innovation conceptuelle majeure dans l’approche camerounaise du développement rural. Traditionnellement, les initiatives gouvernementales en matière d’agriculture se limitaient au soutien agronomique, fournissant des semences et des conseils de production. Cette nouvelle approche adopte une vision holistique, reconnaissant que le succès durable de l’agriculture dépend aussi de conditions de vie dignes pour les exploitants et leurs familles. Ainsi, chaque parcelle de production de bananiers plantains s’accompagne de la construction d’une habitation pourvue de commodités essentielles, créant ainsi un modèle d’autosuffisance pour les producteurs agricoles.
Le ministre Gabriel Mbaïrobe a souligné l’importance stratégique de la culture du bananier plantain pour l’économie camerounaise. Le plantain, culture traditionnelle largement diffusée dans les régions du Cameroun, constitue une source de revenus non-négligeable pour des milliers de familles rurales. Cependant, la production reste largement caractérisée par des pratiques artisanales, une faible productivité, et une absence d’infrastructure de transformation locale. Le passage à une production industrialisée ouvre des perspectives de valeur ajoutée considérable. L’établissement d’une filière structurée capable de transformer le plantain en farine, chips, concentré ou alcool augmente les revenus des producteurs et crée des emplois annexes en transformation.
Le choix de l’Institut Supérieur Fang de Messamena comme site pilote demeure stratégique.
Cet établissement d’enseignement agricole dispose d’infrastructures de recherche et de démonstration adaptées, ainsi que d’une proximité avec des terroirs présentant une aptitude agroécologique favorable à la production du plantain. Les étudiants et chercheurs de l’institut apprendront les techniques novatrices de production en conditions contrôlées, expériences qui pourront être transmises ultérieurement aux producteurs des zones environnantes.
La phase pilote permettra d’identifier les défis pratiques de mise en œuvre, d’optimiser les processus de production, et de générer des données de rendement et de rentabilité susceptibles d’intéresser les producteurs privés.
Victoire Nkana



