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Nairobi 2026 : l’Afrique reçoit la France à ses conditions

Les 11 et 12 mai 2026, Nairobi accueille le 29ᵉᵉ Sommet Afrique-France, rebaptisé « Africa Forward ». Premier sommet du genre organisé hors du pré carré francophone depuis 1973, l’événement se veut le symbole d’une relation réinventée. Mais entre les discours de rupture et les réalités du terrain, la France joue une partie difficile face à un continent qui a appris à dire non.

Rebaptisé « Africa Forward : Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance », réunit le président français Emmanuel Macron et les chefs d’État et de gouvernement africains. Entre 1 500 et 2 000 dirigeants d’entreprises, investisseurs et décideurs sont attendus le 11 mai pour le volet économique « Inspire & Connect ».
Le 12 mai, les discussions politiques prendront le relais.
Cette fois, quelque chose a bougé. En choisissant Nairobi capitale d’un pays anglophone, non-membre de la Françafrique traditionnelle Emmanuel Macron envoie un signal que ses prédécesseurs n’auraient jamais osé envoyer : la France admet, implicitement, que son influence sur le continent a reculé. Que les anciennes règles du jeu ne fonctionnent plus. Que pour rester dans la partie africaine, il faut changer de table.
Le thème retenu ,« Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance » — confirme cette ambition. Entre 1 500 et 2 000 dirigeants d’entreprises, investisseurs et décideurs sont attendus le 11 mai pour le volet économique « Inspire & Connect ». Le 12 mai, les chefs d’État et de gouvernement africains prendront le relais pour les discussions politiques.
Ce virage intervient dans un contexte tendu. Depuis le sommet de Montpellier en octobre 2021, la France a perdu pied au Mali, au Burkina Faso et au Niger trois pays d’où elle a été chassée militairement, parfois dans l’humiliation, sous les acclamations d’une partie de la jeunesse africaine. La Russie, la Chine et la Turquie ont occupé les espaces que Paris pensait acquis pour longtemps.

Mais derrière le décorum, la réalité est plus complexe. Depuis Montpellier en 2021, la France a perdu le Mali, le Burkina Faso, le Niger des pays où elle était militairement présente depuis des décennies et d’où elle a été chassée, parfois humiliée, sous les acclamations d’une partie de la jeunesse africaine. La Russie, la Chine, la Turquie ont pris une place que Paris pensait éternellement acquise.
Ce sommet est donc autant une démonstration de force qu’un aveu de faiblesse. La France a besoin de l’Afrique pour ses ressources, ses marchés, son poids démographique et géopolitique. Et elle sait désormais que cette Afrique-là ne se laissera plus courtiser à bon marché.
Ce qui a changé, c’est précisément cela : l’Afrique n’est plus un public. Elle est un interlocuteur. Les chefs d’État qui défileront à Nairobi arrivent avec leurs propres agendas, leurs propres exigences, leurs propres alternatives. Certains ont déjà tourné la page. D’autres tendent la main mais en fixant leurs conditions.

Africa Forward. En avant. Mais vers où, et pour qui ? La réponse appartient désormais aux deux parties à égalité, pour la première fois depuis longtemps.

Victoire Nkana

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