
Le siège du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun a servi de cadre, le 28 janvier 2026, à la dédicace de l’ouvrage choc de David Ojong. À travers « Il faut sauver les Jeux Africains », l’expert camerounais livre un diagnostic sans complaisance sur la « guerre civile institutionnelle » qui menace l’avenir du sport sur le continent et propose une feuille de route pour sortir de l’impasse.
Tout commence par un paradoxe amer. Mars 2024, Accra. Le Ghana accueille près de 5 000 athlètes pour la 13e édition des Jeux Africains. L’organisation est là, la ferveur aussi, mais le drame est administratif : faute de reconnaissance par le Comité International Olympique (CIO), les performances réalisées ne sont pas qualificatives pour les Jeux Olympiques de Paris. Pour David Ojong, Secrétaire Général du CNOSC et fin connaisseur des arcanes sportifs, cet épisode est le symptôme d’un mal profond : une rupture entre le politique et le technique.
Dans cet ouvrage méticuleusement documenté, l’auteur expose les tensions permanentes entre l’Union Africaine (UA), propriétaire des Jeux, et l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique (ACNOA). Ce conflit de leadership paralyse l’évolution des Jeux Africains, les reléguant au rang de simple « festival » sans enjeu de qualification mondiale.

« Nous sommes à la croisée des chemins », prévient l’auteur. « Soit nous réformons, soit nous condamnons nos athlètes à l’insignifiance internationale. »
Loin de se contenter d’une critique acerbe, David Ojong trace une voie de sortie. Son manifeste appelle à une révolution structurelle basée sur deux piliers : le leadership technique à l’ACNOA, l’Union Africaine comme partenaire stratégique
Un manifeste pour l’avenir
La cérémonie du 28 janvier 2026, qui a réuni le gotha du sport camerounais et des représentants du mouvement olympique, a été l’occasion de saluer le courage intellectuel de l’auteur. « Il faut sauver les Jeux Africains » n’est pas seulement un livre d’expert ; c’est un plaidoyer pour la dignité de l’athlète africain qui mérite que ses records soient inscrits dans l’histoire mondiale.
En refermant l’ouvrage, le message est clair : le salut des Jeux Africains passera par le dialogue et le respect des compétences. Le sport africain a désormais sa boussole ; reste à savoir si les décideurs sauront la suivre.
Ernesthine BIKOLA



