
Le Fonds de Développement des Filières Cacao et Café a organisé, le 21 janvier 2026 à Yaoundé, une journée économique et financière aux multiples enjeux stratégiques pour le compte de l’exercice 2026.

Le Fonds de Développement des Filières Cacao et Café (FODECC) a organisé, le 21 janvier 2026 à Yaoundé, une journée d’évaluation de ses activités au titre de l’exercice 2025, laquelle était ponctuée par le lancement de son budget de l’exercice 2026; la signature des conventions et cahiers de charges par ses partenaires, dans le cadre de la mise en œuvre du Guichet producteurs; et une communication spéciale de l’Administrateur, Samuel Donatien Nengue, sur la situation administrative de la structure.


Le lancement du budget 2026 du FODECC s’est déroulée à huis clos, alors que la signature des conventions et cahiers de charges par ses partenaires, dans le cadre de la mise en œuvre du Guichet producteurs, 09 communes, a été ouverte à la presse. Etaient représentées par leurs exécutifs respectifs, les communes de Melong, Mbanga, Mandjo, Deuk, Bokito, Baré-Bakem, Ntui, Ngoro et de Mbangassina.


Quant à la communication spéciale sur la situation administrative du FODECC, son Administrateur en a appelé à plus de discipline, de sens de responsabilité, de disponibilité, de loyauté et de professionnalisme afin de pouvoir répondre de manière significative aux attentes des producteurs conformément à la nouvelle architecture de la structure.

Les trois leçons de la journée
« Ce qu’il faudrait retenir, c’est trois bonnes choses : très précisément, la première, c’est que le Fonds de Développement des Filières Cacao et Café relance son année avec en perspective le défi d’apporter du soulagement aux producteurs du cacao et du café qui attendent naturellement des appuis de l’État, qui a pu autoriser que nous puissions procéder très rapidement à cet accompagnement.

Il y a une enveloppe qui est dégagée. Elle représente à peu près 04 milliards Fcfa, qui serviront à soutenir le producteur de cacao et celui de café dans son effort en vue de traiter son verger.

On espère, pour cette campagne 2025-2026, une production à la hausse », a indiqué l’Administrateur du FODECC, avant de poursuivre : « La deuxième chose, au plan managérial, nous souhaitons engager le FODECC dans un effort de certification et dans une perspective d’accréditation auprès des partenaires extérieurs pour lesquelles des démarches ont été entreprises par le gouvernement et qui ont abouti à une première séquence avec l’intention d’un don de 01 million de dollars à titre expérimental.

Mais l’effort intense, le besoin en appui, est considérable. Donc, les moyens sont importants. Pour l’instant, nous arrivons à satisfaire à peu près 30.000 producteurs par an avec des ressources internes mobilisés par les pouvoirs publics. Mais, les attentes sont importantes, parce nous avons une base de données qui va atteindre bientôt 500.000 producteurs et tous attendent du soutien de l’État.

Les moyens intrinsèquement n’étant pas importants, les possibilités de mobiliser des ressources additionnelles avec des partenaires au développement nous ont permis, aujourd’hui, d’ouvrir des brèches et il est possible qu’on y parvienne.

La troisième chose, c’est au niveau du personnel. Le FODECC a bénéficié, le 14 janvier 2025, de la part de Son Excellence Monsieur le Président de la république le réajustement de son texte portant organisation et fonctionnement.

Il était temps pour nous de nous redéployer, pour épouser les perspectives de ces textes-là et nous préparer à des mutations qui ne vont, nous l’espérons, pas tarder, pour dédier un management au FODECC et mettre en place un organe délibérant en conformité avec les textes législatifs et réglementaires de la mission ».

Par ailleurs, « Nous devons davantage encadrer les producteurs en les emmenant à vendre groupés, pour avoir des chances de négocier les meilleurs prix, en améliorant la qualité des produits. Nous nous investissons pour que l’effort soit intensifié. Le Chef de l’État en a donné le ton en nous autorisant à financer les Centres de traitement post-récoltes.

Lorsque ceux-ci seront généralisés et les unités de transformation à tailles raisonnables multipliées, on est certain que la fève n’aura même plus besoin d’être exportée comme elle l’est aujourd’hui pour, hélas, se trouver dans des situations de variabilité constante.

Cette fève sera recherchée par toutes les industries installées localement par les unités de transformation. Et, comme elle aura pris de la valeur de par la qualité que lui confèrent les Centres de traitement autorisés par le Chef de l’État, évidemment que cette fève sera vendue à meilleur prix. En fait, le meilleur est à venir ».

Interpellation
« Nous demandons aux agrodealers et aux promoteurs de microfinances, qui sont des partenaires stratégiques du FODECC, dans le cadre du Guichet producteurs, de se professionnaliser davantage, parce que nous avons démarré avec des procédures qui sont suivies par la majeure partie de ces partenaires.

Il reste encore des efforts au niveau de ces partenaires. Donc, l’interpellation d’aujourd’hui visait à leur faire faire un saut qualitatif en termes d’organisation pour intermédier dans le cadre du dispositif qui est en cours. Il y a des moyens actuellement et des moyens substantiels à venir.

Il est important, compte tenu de l’effort que nous voulons en termes d’accréditation et de certification, qu’ils se mettent à la hauteur des attentes de tous les acteurs et naturellement des dispositifs de contrôle de l’État et d’autres partenaires« , a relevé Samuel Donatien Nengue, visiblement optimiste.
Bertrand TJANI



