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« Bafia : les tontines mènent à tout, même au cousin-cidire »

À Bafia, un drame familial digne d’un mauvais feuilleton : un homme assassiné pour 10 millions FCFA de tontine, avec son propre cousin dans le rôle du chef d’orchestre du braquage. L’argent, lui, joue à cache-cache.

Comme dit le proverbe, « Quand tu suis ton cousin dans la forêt, c’est qu’il a trouvé du miel… ou qu’il prépare un mauvais coup ». Une sagesse qui trouve un écho tragique et presque absurde à Bafia, où un prêt entre membres d’une tontine de cacaoculteurs a tourné au drame sanglant et familial.

Le 4 janvier 2026, le lanceur d’alerte N’zui Manto alertait l’opinion sur l’assassinat d’un homme, nommé Ayangma. Ce dernier venait de quitter une réunion où, confiant, il avait emprunté la somme de 10 millions de francs CFA issue de la caisse commune des cultivateurs. Une somme pour un projet professionnel, un rêve en devenir. Hélas, le rêve a viré au cauchemar quelques heures plus tard à son domicile, où il a été abattu et dépouillé. Les espoirs et les billets ont pris la poudre d’escampette dans la même soirée.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La police, dans une enquête qui a porté ses fruits, a mis la main sur les suspects. Et là, surprise de taille – ou de cousin – : parmi les accusés se trouve Mougnol Honoré (36 ans), le propre cousin de la victime. Selon les investigations, c’est lui qui aurait recruté la fine équipe pour délester son parent de son trésor de cacao. Il est accompagné dans ce bel exploit fraternel par Ibrahim Moussa (30 ans), Ibrahim Adamou (28 ans) et Souleman Adamou (31 ans).

Le comble de l’affaire ? Alors que les coupables sont sous les verrous, le magot, lui, reste introuvable. Les 10 millions de francs CFA se sont évaporés, peut-être déjà enfouis dans quelque projet aussi peu reluisant que celui de leurs voleurs. « L’argent volé ne remplit jamais la case du bonheur », dit un autre adage. Les accusés, eux, vont avoir tout le temps de méditer cette sagesse derrière les barreaux, pendant que la famille et la tontine pleurent une vie perdue pour un pactole fantôme.

Gérald Nyatte

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