Le Ministère de la Santé Publique du Cameroun a publié un communiqué officiel, le 16 juillet 2026, mettant en garde la nation contre une pratique qui se généralise en silence : les injections clandestines de produits appelés « Body Filler ». Le Ministre Dr Manaouda Malachie ne mâche pas ses mots. Il informe l’opinion publique que des informations circulent sur les réseaux sociaux et dans des espaces privés concernant la promotion et l’injection de ces produits présentés sous l’appellation « Body Filler » à des fins d’augmentation du volume des fesses et des seins.
Ce qui préoccupe le ministère n’est pas simplement l’existence de ces pratiques. C’est leur multiplication effrénée. Chaque jour, de nouvelles offres surgissent sur WhatsApp, Instagram et TikTok. Des femmes, désespérées par les pressions sociales, répondent à ces appels. Et chaque jour, certaines regrettent.
Le Ministre rappelle une vérité juridique et médicale : les actes d’injection de produits de comblement corporel constituent des actes médicaux qui doivent être réalisés exclusivement par des professionnels de santé dûment qualifiés. Ils doivent se dérouler dans des structures sanitaires autorisées. Ils doivent respecter la réglementation en vigueur. Point final. Il n’existe aucune exception. Il n’existe aucune zone grise. Toute injection réalisée en dehors de ce cadre est un crime contre la santé.
Mais pourquoi cette fermeté ? Parce que les risques sont réels et catastrophiques. Le Ministère de la Santé Publique attire particulièrement l’attention du public sur les dangers graves liés à l’utilisation de produits non homologués administrés par des personnes non qualifiées. La liste est effrayante : les infections graves qui peuvent se transformer en septicémie, les réactions allergiques qui surgissent parfois immédiatement et parfois semaines plus tard, les déformations et douleurs chroniques qui persisteront toute la vie, la migration du produit dans l’organisme créant des déformations imprévisibles, la nécrose des tissus qui exige une intervention chirurgicale d’urgence, et les complications pouvant mettre la vie en danger.
Ce ne sont pas des scénarios hypothétiques. Ce sont des réalités cliniques que les urgences camerounaises connaissent de plus en plus souvent. Des femmes arrivent aux hôpitaux avec de la fièvre, du pus s’écoulant des sites d’injection, des douleurs insoutenables. Les médecins ne savent pas quel produit a été injecté. Ils ne peuvent pas traiter correctement ce qu’ils ne peuvent pas identifier. Certaines femmes s’en sortent avec des cicatrices permanentes. D’autres perdent des parties de leur corps. D’autres meurent.
Face à cette crise, le Ministère de la Santé Publique a lancé un triple appel. D’abord, il invite les populations à faire preuve de la plus grande vigilance face aux offres de « Body Filler » diffusées sur les réseaux sociaux et dans des lieux non agréés. Le message est clair : si quelqu’un vous propose une injection en dehors d’un hôpital ou d’une clinique reconnue, fuyez.
Deuxièmement, le ministère rappelle qu’aucun acte médical esthétique ne doit être pratiqué en dehors d’un cadre sanitaire autorisé. Toute personne souhaitant recourir à une intervention esthétique est exhortée à consulter un médecin ou un chirurgien qualifié. C’est plus cher, oui. Mais c’est la seule option sûre.
Troisièmement, et c’est peut-être le plus important, le ministère avertit que les services compétents procèderont aux vérifications nécessaires. Toute activité exercée en violation de la réglementation fera l’objet de mesures administratives et judiciaires prévues par les textes en vigueur. Les injecteurs clandestins ne seront pas poursuivis gentiment. Ils seront poursuivis avec rigueur.
Enfin, le Ministère de la Santé Publique appelle la population à se mobiliser. Toute pratique suspecte doit être signalée aux autorités sanitaires compétentes. C’est un appel à la vigilance citoyenne. Chacun peut contribuer à arrêter cette catastrophe sanitaire en dénonçant ceux qui la perpètrent.
Ce communiqué de presse représente un moment décisif. Le gouvernement camerounais reconnaît une crise de santé publique et s’engage à la combattre. Mais le succès dépendra aussi de la société civile, des médias, des influenceurs, et surtout des femmes camerounaises elles-mêmes.
Aucune fesse, aucun sein, aucune augmentation corporelle ne vaut une vie. Le Cameroun a enfin dit non aux injections clandestines. La question est : la société entière va-t-elle suivre ?
Victoire Nkana




